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Un député travailliste plaide pour un modèle « voisinage » afin d’accélérer les prises de décision au sein de l’OTAN. Face à la rapidité croissante des crises contemporaines, il met en lumière les limites du système de décision par consensus de l’Alliance. Selon lui, une réforme est nécessaire pour renforcer la réactivité opérationnelle.

Le député travailliste Graeme Downie estime que le mode de décision actuel de l’OTAN, basé sur le consensus, doit être repensé. Dans une tribune, il souligne : « Les crises en Europe évoluent désormais plus vite que les structures politiques ne peuvent y répondre. Des décisions, qui prenaient autrefois plusieurs jours, sont aujourd’hui requises en quelques heures. » Bien qu’il qualifie l’OTAN de « l’alliance militaire la plus réussie de l’histoire », il avertit que sa force est également sa faiblesse. Il écrit : « Son plus grand atout, 31 démocraties agissant ensemble, est aussi son talon d’Achille stratégique. »

Downie met en garde contre les risques opérationnels engendrés par la nécessité d’unanimité : « L’unanimité lie politiquement les alliés, mais elle ralentit leurs actions sur le terrain. Vladimir Poutine estime pouvoir exploiter cette faille. » Il propose un modèle dit de « voisinage », où les alliés directement concernés par un théâtre d’opération seraient habilités à réagir rapidement. Selon lui, l’OTAN devrait adopter « un leadership régional, un modèle de ‘voisinage’ permettant aux alliés les mieux placés pour agir dans des zones spécifiques d’intervenir sans délai. »

Le Royaume-Uni est perçu comme bien placé pour conduire ce changement. Downie écrit : « Cette approche émerge déjà naturellement. Il est temps que l’OTAN la formalise, et que le Royaume-Uni en prenne la tête. » Il cite l’exemple du Grand Nord en soulignant « le couloir Groenland-Islande-Royaume-Uni qui demeure central pour la capacité de l’OTAN à détecter et dissuader les sous-marins russes. » Il rappelle les moyens britanniques de lutte anti-sous-marine, notamment les sous-marins de la classe Astute et les avions Poseidon de la Royal Air Force, précisant : « Les P-8 britanniques ont mené des missions conjointes avec des appareils américains et norvégiens pour surveiller les sous-marins russes. »

Downie exprime également des inquiétudes sur la réactivité de l’OTAN dans la région baltique et s’interroge : « Combien de temps l’OTAN mettrait-elle à répondre si la Russie tentait d’occuper une île inhabitée de la Baltique… ? » Il met en garde contre un « fait accompli » qui aboutirait à la présence de troupes russes sur un territoire de l’OTAN. Pour éviter de telles situations, il propose qu’une petite coalition puisse intervenir rapidement, avec un « modèle de réponse ‘voisinage’ via un groupement comme le JEF (Joint Expeditionary Force) ou un petit groupe de membres de l’OTAN. »

Il conclut en affirmant que pour maintenir la crédibilité de sa dissuasion face aux défis futurs, l’OTAN doit impérativement s’adapter : « Si l’OTAN veut dissuader efficacement dans la décennie à venir, elle doit adopter un leadership régional, accélérer son processus décisionnel et transformer la rapidité en un avantage plutôt qu’en une vulnérabilité. »