L’industrie de défense ukrainienne privée a enregistré un progrès limité dans ses exportations d’armes depuis la levée des restrictions imposées l’année dernière. Selon Ihor Fedirko, directeur exécutif du Conseil ukrainien de l’industrie de défense, moins de dix petits contrats export ont été conclus.
La mise en place d’une procédure simplifiée d’exportation de guerre en juillet dernier, sous la forme de la Résolution n° 875, visait à faciliter ces échanges avec un délai d’examen ramené à 30 jours, des demandes simplifiées pour certains pays partenaires et la possibilité de transferts technologiques ciblés. Cependant, aucun permis n’a encore été délivré via ce dispositif.
Les conditions financières imposées pour obtenir ce permis se révèlent contraignantes : les demandeurs doivent avancer 20 % de la valeur des produits finis ou technologies et 30 % pour les composants, sans garantie de remboursement si la demande est rejetée, ce qui rend les exportations peu attractives ou risquées pour les fabricants.
Par ailleurs, la procédure ne s’applique qu’aux contrats d’une valeur minimale de 15 millions de hryvnias (environ 337 000 dollars), un seuil qui exclut de nombreuses commandes pilotes, souvent plus modestes, nécessaires pour tester les équipements avant un engagement plus important.
Une autre contrainte est la possibilité pour le ministère de la Défense ou d’autres clients étatiques d’interrompre ou refuser une exportation sous 30 jours s’ils souhaitent acquérir le même produit, sans obligation de concrétiser l’achat. Après ce délai, les fabricants peuvent présenter une nouvelle demande d’export.
Cette situation complique l’accès aux marchés étrangers alors même que la capacité de production de l’industrie ukrainienne dépasse largement les fonds disponibles. Le Conseil national de sécurité et de défense estime la production potentielle à 55 milliards de dollars pour cette année, en forte hausse par rapport aux 35 milliards prévus initialement pour 2025.
Malgré ce potentiel, près de 40 % des capacités de production restent sous-financées, selon les déclarations de Volodymyr Zelensky en 2023, ce qui freine le développement des exportations et l’impact international de l’industrie de défense ukrainienne.
