Les relations entre la Russie et le Japon connaissent une nouvelle escalade avec des tensions accrues autour de la souveraineté des îles Kouriles, un archipel disputé depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Vyacheslav Volodin, président de la Douma d’État russe, a explicitement évoqué l’arsenal nucléaire de Moscou en réponse aux revendications territoriales japonaises. Il a rappelé le passé militariste du Japon et mis en garde contre tout retour à une rhétorique belliqueuse, affirmant qu’une puissance nucléaire comme la Russie ne peut être vaincue.
Ce contexte tendu intervient moins de deux semaines après la visite historique de Vladimir Poutine sur l’île d’Itouroup (Etorofu en japonais), une première depuis son arrivée au pouvoir qui a suscité une protestation officielle ferme du gouvernement japonais. Sanae Takaichi, première ministre du Japon, a dénoncé cette présence comme complètement inacceptable et réitéré les revendications nippones sur les quatre îles du sud contrôlées par Moscou : Itouroup, Kunashir, Shikotan et les îlots Habomai, regroupés sous le nom des Territoires du Nord.
La Russie considère ces îles comme une partie intégrante et indivisible de sa fédération. En réaction aux protestations japonaises, Moscou a rejeté ces critiques et accusé Tokyo de remilitarisation, tout en poursuivant des manœuvres militaires autour de l’archipel. Ces exercices ont mobilisé des sous-marins nucléaires, des croiseurs de missiles et des systèmes côtiers Bastion, illustrant la détermination russe à défendre sa position.
Ce différend historique, hérité de la Seconde Guerre mondiale et de l’occupation soviétique post-1945, continue d’empêcher la signature d’un traité de paix officiel entre les deux nations, renforçant ainsi un climat de méfiance et d’affrontement stratégique dans cette zone géopolitiquement sensible.