Article de 398 mots ⏱️ 2 min de lecture

David Petraeus, ancien commandant des forces américaines en Irak et en Afghanistan, met en garde contre l’incapacité actuelle des États-Unis à s’adapter suffisamment vite aux avancées technologiques majeures telles que l’intelligence artificielle, les systèmes autonomes et la fabrication avancée.

Lors d’une intervention au House of Lords le 1er septembre, il a souligné que, malgré un secteur de l’innovation américain très dynamique, les institutions de défense peinent à transformer leurs structures, formations et méthodes d’acquisition pour exploiter pleinement ces innovations.

Technologie seule ne suffit pas. Petraeus insiste sur le fait que la simple acquisition de technologies avancées ne garantira pas une supériorité stratégique durable. Selon lui, les États-Unis n’ont pas encore élaboré le nouveau concept révolutionnaire de guerre nécessaire à cette ère technologique, ni initié les changements profonds indispensables à l’organisation des forces, à la formation des leaders, aux politiques de recrutement ou à l’engagement industriel.

Il invite à une transformation institutionnelle rapide et profonde, de nature différente et plus urgente que les réformes mises en œuvre pendant les conflits en Irak et en Afghanistan, où de nouvelles doctrines, une réorganisation des forces, un ajustement des politiques de personnel et une accélération des acquisitions avaient été adoptés.

Cette transformation devra remettre en question les structures et équipements traditionnels dont les rôles évoluent sous l’influence de la surveillance, des capacités de frappe de précision et des systèmes sans pilote. Petraeus souligne la nécessité pour les leaders politiques de remettre en cause des présupposés de longue date, tandis que les responsables militaires devront repenser des organisations ayant fait leurs preuves pendant des générations.

L’ancien directeur de la CIA met également en garde contre la résistance institutionnelle, industrielle et législative que de telles évolutions provoqueront, notamment parce qu’elles menacent des structures, priorités et intérêts bien établis.

Enfin, il insiste pour que la priorité ne soit pas seulement l’acquisition de nouvelles technologies, mais le développement préalable d’un concept totalement nouveau de guerre, préalable indispensable à toute modification institutionnelle réussie. Selon lui, la reconfiguration concomitante des forces, de la formation, des acquisitions, de l’industrie et du recrutement de talents technologiques sera vitale pour maintenir la position stratégique des États-Unis.

Sources : ukdefencejournal