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La Chine multiplie depuis 2022 les opérations de ses navires civils de recherche scientifique marine dans les eaux entourant Taïwan. Officiellement dédiés à la recherche scientifique, ces navires jouent un rôle stratégique important dans la campagne de pression menée par Pékin pour affirmer sa revendication de souveraineté sur Taïwan et ses eaux territoriales.

Contrairement aux forces armées ou à la garde côtière chinoise, ces navires non armés sont dirigés par des civils, marins, scientifiques et ingénieurs, mais leurs activités soutiennent des objectifs militaires et politiques majeurs. Depuis juin 2026, leur présence s’est accrue jusqu’à des zones orientales proches du Japon et des Philippines, après l’annonce de discussions entre Manille et Tokyo sur la délimitation de leur frontière maritime, excluant la Chine.

Dans cette région stratégique située à l’intersection des eaux revendiquées par Taïwan, le Japon et les Philippines, Pékin considère toute initiative excluant sa participation comme une menace à ses « droits et intérêts maritimes ». En soutien, la Chine déploie simultanément des navires de garde côtière pour renforcer ses revendications.

Plusieurs navires de recherche chinois ont été repérés effectuant des levés marins précis : le Da Yang Hao, opérant à environ 70 milles nautiques à l’est de l’île Orchidée de Taïwan, le Xiang Yang Hong 22, et le Jia Geng opérant dans les eaux au sud-est de Taïwan durant l’été 2026. Près de là, le Shen Hai 1, navire mère du sous-marin habité Jiaolong, a surveillé des câbles sous-marins reliant Taïwan au réseau mondial.

Ces activités de relevés acoustiques, bathymétriques et océanographiques visent clairement à renforcer la compréhension que Pékin a du milieu maritime susceptible d’accueillir un conflit. En connaissant précisément les courants, les fonds et les infrastructures sous-marines comme les câbles ou les capteurs, le Parti communiste chinois améliore ses capacités à planifier d’éventuelles opérations militaires, dont la pose de mines ou la coupure des communications de Taïwan.

Cette campagne de « guerre juridique » de la Chine contre Taïwan cherche aussi à imposer l’acceptation internationale de la souveraineté chinoise sur ces eaux en opérant sans obtenir d’autorisation de Taipei, en violation du droit international selon Pékin. Le silence des pays tiers face à ces opérations est perçu comme une forme de consentement tacite à cette revendication chinoise.

Face à cette stratégie, il est essentiel que Taïwan proteste publiquement et documente chaque enquête chinoise dans sa zone économique exclusive, tout en partageant ces informations avec ses alliés et partenaires. Ces derniers doivent également soutenir Taïwan publiquement afin de contrer la normalisation des prétentions chinoises et maintenir la stabilité régionale.

En parallèle, les discussions internationales devront aborder le délicat statut légal des levés maritimes à double usage scientifique et militaire pour éviter d’enfermer les États-Unis et leurs alliés dans un dilemme juridique.

Au-delà de la région, la mobilisation d’un vaste réseau de navires civils chinois pour appuyer des objectifs militaires et de pression politique est un phénomène global, qui impose une vigilance internationale renforcée pour préserver la paix et la souveraineté des États concernés.

Sources : Warontherocks