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Le 29 juillet 2026, le général Julio César Avilés a officiellement exprimé devant la Commission constitutionnelle spéciale un soutien sans faille de l’Armée du Nicaragua aux réformes constitutionnelles visant à supprimer les élections compétitives dans le pays. Ce soutien marque un tournant radical par rapport à 2021, où la même institution assurait protéger le vote souverain sans s’ingérer dans ses résultats.

Ces réformes, initiées par le président Daniel Ortega lors du 47e anniversaire de la révolution sandiniste, prévoient notamment l’extension des mandats élus à sept ans renouvelables, la possibilité pour le Conseil électoral suprême de dissoudre tout parti politique acceptant des financements étrangers ou appelant à des sanctions, et la nullification de toute loi étrangère sur le territoire nicaraguayen. Elles sont destinées à consolider le pouvoir familial d’Ortega-Murillo en éliminant toute opposition électorale suite à la fin effective du pluralisme politique.

Une armée au cœur du régime
L’armée nicaraguayenne assume désormais un rôle clé dans la survie politique du régime. Depuis 2006, elle a abandonné son rôle traditionnel de défense du pouvoir civil légitime pour devenir un pilier du maintien au pouvoir d’Ortega et Murillo. Elle est directement impliquée dans la répression post-2018, avec plusieurs officiers supérieurs nommément pointés par l’ONU pour leur responsabilité dans des violences.

Dans le même temps, sa structure interne reflète une volonté claire de contrôle politique : le général Avilés, en poste depuis 2010, demeure aux commandes alors que les promotions sont rares, créant un « tapón institucional » – un étranglement institutionnel – avec une hiérarchie dominée par un petit groupe d’officiers fidèles au régime.

Cette armée dispose également d’un vaste empire économique, via son fonds de pension militaire qui possède des intérêts dans différents secteurs, augmentant ainsi le coût politique d’un changement brutal.

La question de la loyauté à l’épreuve de la succession
Si Daniel Ortega demeure le chef incontesté, la réforme constitutionnelle instaure sa femme Rosario Murillo comme codirigeante et héritière légale. Néanmoins, l’adhésion de l’armée à cette passation n’est pas assurée. En effet, le contrôle direct exercé par Murillo sur la police ne s’étendait pas jusqu’à l’armée, et l’ambiguïté règne quant à la loyauté militaire après Ortega.

Cette incertitude est accrue par la répression ciblée contre des officiers retraités accusés de trahison, illustrant une méfiance profonde envers l’institution elle-même.

Des relations internationales équilibrées entre Moscou, Pékin et Washington
Sur le plan international, l’armée nicaraguayenne multiplie les partenariats militaires avec la Russie et la Chine, signant notamment en 2025 un accord de coopération militaire avec Moscou, comprenant échanges de renseignements et formation conjointe. Parallèlement, malgré la fin de la coopération sécuritaire avec les États-Unis, les officiers continuent de participer à des forums militaires multilatéraux américains, offrant une fenêtre de dialogue non officielle.

Washington maintient une ligne ferme, excluant actuellement tout appui institutionnel direct tout en gardant des canaux de communication ouverts dans l’espoir de conditionner une future normalisation des relations à des réformes concrètes de l’Armée, notamment en matière de professionnalisation, d’éthique et d’indépendance politique.

En conclusion, la transition politique au Nicaragua dépendra en grande partie de l’attitude de l’armée, une institution majeure dont l’engagement conditionnera la pérennité du régime familial Ortega-Murillo ou l’émergence d’un nouvel ordre. Sans réelle alternative politique ni division apparente au sein des forces armées, le pays fait face à un avenir où le militarisme et l’autoritarisme restent profondément liés.

Sources : Warontherocks