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Le chancelier de l’Échiquier, John Healey, a souligné que la dépense publique consacrée aux intérêts de la dette représente désormais 1 livre sur 10 dépensée par le gouvernement, dépassant les budgets cumulés de la Défense, de l’Intérieur et de la Justice.

Lors d’une présentation au Manufacturing Technology Centre, il a affirmé que si les intérêts de la dette étaient un ministère, il serait le deuxième plus important après la Santé. Cette situation impose selon lui une nécessité de discipline budgétaire rigoureuse, malgré les ambitions gouvernementales.

Priorité à la maîtrise des dépenses : Healey a rappelé son engagement personnel et celui du Premier ministre à respecter les règles fiscales lors du prochain budget, visant l’équilibre budgétaire avec une marge de sécurité, la réduction des emprunts pour lutter contre l’inflation, et la limitation des pressions financières à long terme.

La croissance au cœur du mandat : il a fixé la croissance économique comme objectif principal, mettant en avant les forces britanniques dans la défense, les sciences de la vie, les services financiers et l’industrie avancée. Il a ainsi déclaré vouloir faire de la Grande-Bretagne un pays de croissance renouvelée, avec davantage d’investissements, d’innovations et d’emplois.

Mesures annoncées : le budget intégrera une feuille de route de dévolution fiscale, permettant aux collectivités locales de conserver une plus grande part des taxes sur les entreprises et aux autorités stratégiques de bénéficier d’une part de l’impôt sur le revenu local à partir de 2028. De plus, 150 millions de livres seront investis par la British Business Bank pour soutenir les entreprises en phase de croissance dans le Nord de l’Angleterre, avec des régions comme South Yorkshire, Liverpool, North-East England et Cardiff désignées partenaires stratégiques du National Wealth Fund.

Par ailleurs, le taux d’actualisation utilisé pour l’évaluation des projets publics sera réduit de 3,5 % à 3 %, favorisant les investissements à long terme. Une réduction de 25 % des contraintes réglementaires pesant sur les entreprises est également prévue, accompagnée d’une extension des réformes de la justice administrative au-delà des infrastructures énergétiques, afin d’éviter que des obstacles juridiques ne freinent la croissance économique.

Défense et innovation : Healey a réaffirmé son intention de doubler le nombre de « licornes » britanniques, ces startups valorisées à plus d’un milliard de dollars, en jouant notamment le rôle de premier client de l’État pour aider ces entreprises à se développer. Il a insisté sur le lien entre la capacité industrielle et la sécurité nationale, dénonçant une déindustrialisation ayant accru la dépendance à l’égard de sources externes jugées peu fiables, notamment dans des secteurs vitaux.

Enfin, concernant l’intelligence artificielle, le gouvernement veut exploiter son potentiel économique tout en veillant aux risques pour la sécurité nationale et des entreprises, via notamment l’AI Security Institute et l’AI Economics Institute.

John Healey a conclu en précisant que ces transformations ne seront pas immédiates, mais que leur mise en œuvre commence dès aujourd’hui.

Sources : ukdefencejournal