Le Japon étudie la possibilité de transférer des destroyers de ses classes Murasame, Takanami ou Akizuki au Chili afin de garantir une force de surface minimale de huit navires opérationnels pour la Marine chilienne.
Cette initiative vise à pallier temporairement la diminution des capacités due au retrait imminent des frégates chiliennes obsolètes, en attendant la mise en œuvre de la Politique de Construction Navale chilienne 2025-2040, qui prévoit la construction de nouvelles frégates à partir des années 2030 au chantier naval de Talcahuano.
Le Japon propose ainsi 18 destroyers répartis en trois classes : neuf Murasame (1996-2002), cinq Takanami (2003-2006) et quatre Akizuki (2012-2014). Ces bâtiments varient en taille, capacités et état de vieillissement. Tous disposent de systèmes modernes tels que des cellules Mk 41 pour missiles, des canons navals de 76 à 127 mm, ainsi que des propulsions à turbines à gaz COGAG.
La classe Murasame est la plus ancienne et représente la plus grande flotte, mais ses navires auront entre 28 et 34 ans en 2030, ce qui pose des questions sur la maintenance et la durée de vie restante des coques. La classe Takanami offre une durée de vie plus longue et des caractéristiques similaires, tandis que la classe Akizuki, la plus récente et la plus puissante en défense aérienne locale, ne compte que quatre unités, dont deux transférées représenteraient la moitié de la classe. Ces choix auront un impact stratégique sur le rôle futur des destroyers chiliens.
Ce programme de transfert s’inscrit dans le cadre du renforcement des relations bilatérales croissantes en matière de défense entre le Chili et le Japon. Des accords de coopération et plusieurs visites mutuelles de navires ont eu lieu entre 2025 et 2026. Une éventuelle acquisition nécessitera la formation des équipages chiliens, des accords de maintenance, l’accès aux pièces de rechange japonaises et une reconstruction préalable des navires.
La Marine chilienne exploite actuellement divers destroyers et frégates — dont des Types 22 et 23, ainsi que des frégates Classe M et Adelaide — plusieurs susceptibles d’être retirées avant la mise en service des nouvelles unités nationales.
En résumé, cette proposition japonaise offre une solution transitoire cohérente pour le Chili, entre le maintien immédiat de ses capacités navales et la planification à long terme de sa flotte, tout en renforçant la coopération militaire entre les deux pays.