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La Marine américaine envisage d’intégrer des designs étrangers pour ses nouvelles fragates, ce qui a déclenché une nouvelle compétition entre le Japon et la Corée du Sud dans le secteur de la défense navale.

Le département de la Défense des États-Unis a identifié trois candidats principaux pour la construction des futures fragates : la classe Mogami modernisée japonaise (New FFM ou 06FFM), la classe Chungnam sud-coréenne, et la classe Estambul turque.

Selon les plans, jusqu’à deux navires pourraient être construits à l’étranger avant que la fabrication ne soit transférée dans des chantiers navals américains, dans le cadre d’une initiative du budget 2027 du Pentagone dotée de 1,85 milliard de dollars.

Du côté japonais, l’amiral Saito Akira, chef de l’État-major de la Force Maritime d’Autodéfense, s’est dit favorable à cette perspective, la considérant comme un signe de confiance envers la technologie japonaise. Il a également exprimé une « réponse proactive » de Tokyo en cas de demande de coopération.

En Corée du Sud, la situation industrielle offre certains avantages compétitifs. Hanwha, groupe sud-coréen, a acquis un chantier naval à Philadelphie en 2024, assurant une implantation directe sur le territoire américain. Cette présence confère à Séoul une meilleure capacité de production locale ainsi qu’une correspondance avec le modèle privilégié par Washington : une production initiale à l’étranger suivie d’un transfert et d’un investissement en Amérique.

Il faut toutefois relativiser la position de Hanwha, car la conception technique de la classe Chungnam est assurée par HD Hyundai Heavy Industries, tandis que Hanwha Ocean et SK Oceanplant interviennent pour la construction des navires ultérieurs.

La marine américaine a aussi multiplié ses échanges en Asie. En avril 2025, John Phelan, alors secrétaire de la Marine, s’est rendu au Japon pour étudier les bonnes pratiques dans les chantiers navals et encourager les investissements dans le secteur naval américain, témoignant d’un intérêt sûr mais non exclusif pour le modèle japonais.

Au-delà de l’aspect industriel, le choix du design dépendra aussi de l’adaptation des plans aux exigences américaines, notamment pour les systèmes de combat, l’armement, les communications, la cybersécurité et la sécurisation des informations. Un autre obstacle est la réticence du Congrès américain à faire construire des navires de guerre hors des États-Unis.

Ce que ce duel révèle : la Corée du Sud bénéficie d’une avance industrielle notable grâce à ses capacités et sa présence sur le sol américain, mais le Japon peut faire valoir un design compétitif, déjà choisi par l’Australie pour sa future flotte, avec des caractéristiques avancées telles qu’un système de lancement vertical, une silhouette furtive et une équipage réduit.

La Marine américaine doit donc arbitrer entre deux enjeux : quel pays allié peut le mieux contribuer à relancer la base industrielle navale américaine, et quel design s’adapte le mieux aux besoins spécifiques de sa flotte.

La compétition reste donc ouverte et stratégique, sans que la Corée du Sud ou le Japon ne disposeraient d’une victoire assurée dans cette course aux fragates.

Sources : galaxiamilitar