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Le secteur naval écossais fait face à une crise majeure de compétences : les programmes de construction des frégates Type 26 et Type 31, ainsi que la préparation des sous-marins nucléaires de classe Dreadnought, risquent d’être compromis par un manque de travailleurs hautement qualifiés.

Selon un rapport de la commission des affaires écossaises, ces programmes représentent un pilier central de l’industrie navale du pays, offrant des opportunités d’expansion par l’export. Toutefois, la formation actuelle ne parvient pas à répondre à la demande croissante de main-d’œuvre spécialisée.

Mark Stead, vice-président senior de Leonardo pour le radar et le ciblage avancé, alerte : « Nous ne recrutons pas suffisamment dans les programmes de formation prévus ». Parallèlement, Neil Holm, directeur des opérations chez BAE Systems, souligne que le contrat de 10 milliards de livres conclu avec la Norvège pour les frégates Type 26 devrait maintenir près de 2 000 emplois dans les chantiers navals de Glasgow et 2 000 autres dans la chaîne d’approvisionnement maritime britannique jusqu’à la fin des années 2030.

La filière implique également 103 entreprises écossaises, dont 54 PME. De plus, les commandes des frégates Type 26 par l’Australie et le Canada confirment le potentiel d’exportation, espéré se renforcer avec l’ordre norvégien.

Mais le rapport met en garde contre les risques liés aux financements incertains et à une politique d’approvisionnement chaotique, qui affaiblissent la souveraineté industrielle, la rétention des talents et la valeur long terme de l’industrie de défense écossaise.

Le chef d’état-major des armées, l’Air Chief Marshal Sir Richard Knighton, reconnaît que les forces armées envisagent des dépenses supérieures au budget disponible. De son côté, Lord Robertson, co-auteur de la revue stratégique de défense, insiste sur la nécessité prioritaire d’investir dans la défense face à une menace désormais concrète.

Le rapport rappelle que le plan d’investissement en défense, de 298 milliards de livres sur quatre ans, a été annoncé après les démissions de hauts responsables en raison de doutes sur le financement. En outre, les chefs militaires auraient demandé 28 milliards de livres supplémentaires.

Cette incertitude impacte directement les entreprises du secteur. La start-up aéronautique britannique Aeralis, basée en Ayrshire, a déposé le bilan en mai 2026, pointant du doigt la pression financière liée aux retards dans les décisions de dépenses publiques et les engagements de programmes. Cette situation envoie un mauvais signal aux industriels mondiaux, incitant à investir ailleurs face à la concurrence internationale.

Patricia Ferguson, présidente de la commission, conclut que l’Écosse dispose d’un secteur de défense de classe mondiale, capable de bénéficier pleinement de l’augmentation des budgets, mais à condition d’atténuer les pénuries de compétences qui perdurent depuis longtemps.

Sources : ukdefencejournal