Le projet de budget national argentin pour 2027, présenté au Congrès le 15 septembre, prévoit une enveloppe de 3,5 milliards de dollars pour la rénovation de la flotte navale. Ce plan ambitieux inclut l’acquisition de trois nouveaux sous-marins et de deux frégates multimissions.
La somme allouée aux sous-marins atteint 2,3 milliards de dollars, tandis que 1,2 milliard est destiné aux frégates. Cependant, cette inclusion dans le budget ne garantit ni la décision formelle d’achat ni la signature de contrats, les acquisitions dépendant de l’obtention d’un financement aux conditions jugées favorables par le gouvernement.
Concernant les sous-marins, Naval Group (France) et thyssenkrupp Marine Systems (Allemagne) sont les principaux acteurs surveillant le dossier. Si le sous-marin Scorpène de Naval Group est choisi, une coopération industrielle régionale pourrait s’établir, notamment avec le Brésil, via le programme PROSUB et l’expérience acquise dans la construction des sous-marins classe Riachuelo, dérivés des Scorpène.
Cette acquisition vise à restaurer une capacité opérationnelle en sous-marins terriblement réduite depuis la perte tragique du ARA San Juan en 2017. À l’heure actuelle, la marine argentine ne dispose que du sous-marin ARA Salta (Type 209) et du ARA Santa Cruz (classe TR-1700), mais ces bâtiments n’assurent plus une pleine capacité opérationnelle, ne permettant pas de maintenir un entraînement autonome en guerre anti-sous-marine.
Pour les frégates, le programme est à un stade plus préliminaire. La marine argentine a évalué plusieurs options européennes, dont la frégate italienne FREMM. Un autre candidat potentiel est une version adaptée de la classe Tamandaré brésilienne, basée sur le modèle allemand MEKO A-100, construit localement par un consortium brésilien. Cette option pourrait promouvoir une coopération industrielle régionale accrue, même si aucune négociation officielle n’a encore été annoncée.
Les nouveaux navires permettront ainsi de renouveler une flotte de surface vieillissante, dominée actuellement par quatre destroyers classe Almirante Brown (basés sur le MEKO 360 allemand) et six corvettes classe Espora (MEKO 140), datant des années 1980 à 2000.
Le financement externe demeure toutefois le facteur clé pour la concrétisation de ces programmes, dans un contexte où le budget défense de 8,07 billions de pesos argentins (5,3 milliards de dollars) pour 2027, bien qu’en hausse nominale par rapport à 2026, ne compense pas totalement l’inflation nationale.
Cette annonce marque cependant un signal fort de la volonté de Buenos Aires de redynamiser ses capacités navales, tant sous-marines que de surface, avec des équipements plus modernes et adaptés aux défis actuels.