Le service au sein de l’OTAN deviendra une condition formelle pour accéder aux grades supérieurs dans les forces armées britanniques, a confirmé Luke Pollard, ministre des Forces armées, lors de son audition devant la commission de la Défense du Parlement le 8 juillet.
Face aux inquiétudes selon lesquelles les affectations à l’OTAN sont encore souvent perçues comme des impasses professionnelles, Pollard a souligné que le gouvernement souhaite faire évoluer la culture interne et les critères de promotion afin que ces déploiements soient reconnus comme un véritable atout en matière de leadership.
« L’OTAN d’abord est un fil conducteur absolu tout au long de la Revue stratégique de la défense, » a déclaré Pollard, faisant référence au document de politique de défense 2025 qui recentre la stratégie britannique de sécurité sur le théâtre euro-atlantique. « Il est très clair que notre priorité porte sur le théâtre euro-atlantique, c’est pourquoi la Revue stratégique accorde une place légitime à l’OTAN. »
Il a ajouté que le parcours de carrière militaire britannique intégrera désormais une mission à l’étranger, « idéalement au sein de l’OTAN », comme condition requise pour la promotion. Ce changement vise à la fois à améliorer la compréhension britannique des opérations alliées et à faire en sorte que les personnels considèrent les postes à l’OTAN comme « une trajectoire sinueuse qui valorise réellement la carrière », plutôt que comme un simple détour.
Ian Roome, membre de la commission, a questionné Pollard sur la mise en œuvre de cette ambition, rappelant que nombreux sont les officiers supérieurs britanniques sans expérience significative de l’OTAN dans leur parcours, et que certains personnels détachés rencontrent des difficultés avec les évaluations réalisées par des supérieurs étrangers. Roome a indiqué que, lors d’une récente visite à la base aérienne de l’OTAN à Ramstein, « certains officiers britanniques percevaient cela comme un simple pas de côté ».
Pollard a expliqué que la mise en place de cette évolution passera par une communication claire auprès des responsables de carrière de la Défense. « Nous valorisons davantage les rôles au sein de l’OTAN, » a-t-il déclaré à la commission. « C’est un élément clé de la transformation que nous opérons, plaçant nos personnels au cœur de la politique de défense, qu’ils soient en poste au Royaume-Uni ou en déploiement à l’étranger. »
Le ministre a reconnu que vivre et travailler à l’étranger représente un défi, notamment pour les familles, surtout depuis le Brexit qui complique la situation professionnelle des conjoints dans les affectations en Union européenne. Pour répondre à ces difficultés, Pollard a souligné les récentes améliorations dans la prise en charge de la garde d’enfants lors des déploiements internationaux, ainsi que les efforts continus visant à améliorer « l’offre » aux familles.
Le vice-maréchal de l’air Mark Flewin, assistant du chef d’état-major de la Défense pour la stratégie militaire, a appuyé la position gouvernementale. « L’OTAN est clairement la pierre angulaire de la sécurité européenne depuis plus de 75 ans, » a-t-il affirmé. « Nous sommes très bien représentés au sein des commandements maritimes (MARCOM), terrestres (LANDCOM) et aériens (AIRCOM) de l’OTAN, et nous travaillons actuellement à intégrer correctement les rôles à l’OTAN dans le développement des carrières. »
Il a confirmé que la Direction des ressources humaines du ministère de la Défense analyse activement la prise en compte de l’expérience OTAN dans les critères de promotion, initiative directement issue de la Revue stratégique de la défense.