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Les États-Unis ont officiellement dévoilé le drone kamikaze LUCAS, conçu comme un équivalent fonctionnel et économique du drone iranien Shahed-136, largement utilisé dans divers conflits modernes. Développé par le spécialiste américain de la défense SpektreWorks, basé en Arizona, ce nouveau système a été présenté dans la cour du Pentagone lors d’une exposition dédiée aux systèmes autonomes multiplateformes.

Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a examiné personnellement le drone pendant l’événement, qui réunissait également dix-huit autres plateformes autonomes. Cette présentation s’inscrit dans une stratégie plus large du Département de la Défense visant à équiper les forces américaines et alliées de systèmes non pilotés modulables et adaptables, capables de soutenir des opérations dispersées, notamment dans la région Indo-Pacifique.

LUCAS a déjà réussi ses phases de tests et est prêt pour la production. Son intégration prochaine au sein des unités opérationnelles est prévue. Bien que dévoilé sous le nom de LUCAS, ce drone semble reposer sur la plateforme cible FLM 136, souvent confondue avec le FLM 131, ou en être dérivé, plusieurs indices confirmant cette filiation.

Classé comme véhicule aérien sans pilote de Groupe 3, le FLM 136 peut peser jusqu’à 600 kilogrammes et voler à une altitude maximale de 5 500 mètres. Sur le plan visuel, il ressemble fortement au Shahed-136 iranien, avec une envergure triangulaire d’environ 2,5 à 3 mètres et équipé d’un moteur à piston. Cependant, le LUCAS intègre des améliorations modulaires permettant sa réutilisation dans certaines configurations, tandis que son interconnexion via le réseau maillé Multi-domain Unmanned Systems Communications (MUSIC) lui donne un double rôle : non seulement munition kamikaze, mais aussi relais de communication entre drones et centres de commandement.

SpektreWorks a confirmé que le drone peut coopérer de façon autonome avec d’autres plateformes, ce qui le rend adapté aux tactiques en essaim et aux opérations d’attaque réseau-centrées. Ces caractéristiques distinguent LUCAS de son homologue iranien en offrant flexibilité, contrôle digital et intégration dans une architecture de combat américaine étendue, avec un poids au lancement compris entre 70 et 100 kilogrammes.

Le Shahed-136, développé initialement par la Société Industrielle de Fabrication d’Aéronefs (HESA) en Iran, est devenu un élément clé de la guerre asymétrique contemporaine. Réputé pour son faible coût, son autonomie de vol allant jusqu’à 2 500 kilomètres et sa capacité à transporter une charge explosive lors de missions à sens unique, ce drone a été largement déployé en Ukraine et au Moyen-Orient.

Sa production de masse est rendue possible grâce à l’usage de composants commerciaux standardisés. Employé en grand nombre lors d’attaques, notamment contre les infrastructures civiles et militaires, il est utilisé en essaims. La Russie a adopté et renommé ce drone en Geran-2 pour sa campagne en Ukraine, visant à saturer les défenses aériennes et les radars ennemis. Ces tactiques provoquent à la fois des impacts tactiques et psychologiques, dévoilant des failles dans les systèmes de défense traditionnels par couches et soulignant la nécessité de contre-mesures à faible coût et efficaces.

Simple dans sa conception et exigeant peu de moyens de production, le Shahed-136 a inspiré une vague d’imitations et d’adaptations à l’échelle mondiale. Des drones similaires ont été signalés ou développés en Biélorussie, Israël, Chine, Ukraine, Turquie, Venezuela, Soudan, Éthiopie, Syrie, Yémen et Corée du Nord. Plusieurs États ont réalisé du génie inverse à partir d’exemplaires capturés ou abattus. Ce drone se démarque par son accessibilité et sa valeur stratégique, capable de contourner des systèmes de défense avancés grâce à des attaques de saturation à un coût bien inférieur à celui de missiles guidés classiques.

Pour ces raisons, le Shahed est devenu un symbole du futur du pouvoir aérien. L’apparition du drone LUCAS aux États-Unis, conçu non seulement comme une réplique mais comme une alternative modulaire, connectée en réseau et potentiellement réutilisable, reflète la prise de conscience qu’une capacité opérationnelle pertinente face à la montée en puissance des drones exige des systèmes évolutifs, adaptables et intégrés à la doctrine tactique et stratégique. LUCAS représente ainsi une réponse technico-doctrinale à la prolifération mondiale croissante des munitions kamikazes.