La Marine américaine cherche à développer un drone maritime expéditionnaire capable d’opérer sans piste, destiné à effectuer des frappes à longue portée pour contrer des menaces anti-navires de plus en plus sophistiquées.
Nom de code RIMES (Runway Independent Maritime & Expeditionary Strike), ce système doit être un aéronef sans pilote (UAS) capable de décoller, d’atterrir, de se réarmer et de se ravitailler avec une infrastructure minimale, tout en assurant un soutien de frappe durable aux forces navales de surface.
Ce projet vise à pallier les limites rencontrées par les navires de combat, notamment les stocks de missiles restreints, les difficultés de ravitaillement en mer, ainsi que la dépendance aux pistes fixes ou aux porte-avions à ponts larges, potentiellement vulnérables en cas de conflits de haute intensité, selon l’avis de sollicitation émis par la Defense Innovation Unit.
Appel lancé aux entreprises américaines et étrangères, les propositions doivent être soumises avant le 27 février.
Profil attendu
Le drone RIMES doit être en mesure de porter des munitions de l’ordre de 454 kilogrammes (1 000 livres), équivalentes à celles déjà employées par des appareils tels que le F/A-18 et le F-35B/C.
Son autonomie à sens unique doit atteindre au moins 1 400 milles nautiques (2 593 kilomètres), ce qui correspond à un rayon opérationnel d’environ 600 milles nautiques (1 111 kilomètres) avec une charge utile embarquée.
Sa vitesse de croisière devra être comparable à celle des systèmes actuels de frappe longue portée.
Le système sans pilote doit pouvoir opérer depuis des sites expéditionnaires avec un équipement réduit et un nombre limité de personnels.
Par ailleurs, la Marine s’intéresse également à des solutions capables d’être déployées depuis des navires dépourvus de grands ponts d’envol, comme les destroyers de classe Arleigh Burke (DDG-51) ou les navires de combat littoraux.
Les candidats retenus devront démontrer leur capacité à présenter un prototype opérationnel significatif dans un délai de 12 mois après attribution du marché.
Exigences complémentaires
Outre l’autonomie et la charge utile, la sollicitation précise un ensemble étendu d’exigences techniques et opérationnelles.
Le drone doit pouvoir s’intégrer aux systèmes de combat navals existants et s’adapter aux processus actuels des opérateurs. Il doit adopter une architecture modulaire et ouverte afin de faciliter les évolutions futures.
Il doit fonctionner efficacement en environnement contesté, avec un haut niveau d’autonomie de mission comprenant la reprogrammation dynamique des trajectoires et la redéfinition des tâches en vol.
La maîtrise des coûts est une priorité majeure, la Marine cherchant à équilibrer la survivabilité et la réussite des missions avec les budgets d’acquisition et de développement. Le drone pourra privilégier une conception orientée vers la résilience ou vers un concept de systèmes consommables, tant que cette dernière reste compatible avec une opération dans un espace aérien contesté.
Enfin, le système devra nécessiter un minimum de personnel pour son lancement, son pilotage, son retour, sa maintenance, sa navigation et ses communications, en réduisant également au maximum les coûts et délais liés à l’entretien et à la réparation.