La US Air Force recherche activement sur le marché des fournisseurs capables de proposer un système de missile équivalent au Substitute Attack Weapon (SiAW), comme en témoigne un nouvel avis de recherche de sources daté du 9 mars 2026.
Le SiAW, actuellement acquis par l’USAF, est en phase de prototypage rapide dans le cadre du programme d’Acquisition de Niveau Moyen (MTA).
L’avis mentionne également que les avions F-47 Next-Generation Air Dominance (NGAD) et B-21 Raider devraient être équipés de cette arme, si l’US Navy donne suite à l’acquisition. Ce missile équivalent au SiAW doit être un système complet (AUR) incluant le matériel, le logiciel ainsi que tous les éléments logistiques, les simulateurs, le modèle de vol du SiAW et les outils de validation du système.
Il n’est pas clair si cette démarche reflète un retard dans le développement mené par Northrop Grumman ou si elle répond à une exigence urgente de déploiement. Il est toutefois plausible que l’US Air Force cherche à accélérer la mise en service en grande quantité de cette capacité, à l’image d’autres initiatives visant à augmenter la production d’armements déjà en service.
Le programme SiAW en est à sa Phase 2, et Northrop Grumman a réalisé en décembre 2025 un nouveau test de séparation d’un missile depuis un F-16 Fighting Falcon, un peu plus d’un an après son premier lancement à blanc. Outre le F-16, les plateformes prévues pour le lancement comprennent également le F-35A Lightning II, qui embarquera le missile en soute interne, le F-15E Strike Eagle, le F-15EX Eagle II et le bombardier B-21 Raider.
Northrop Grumman avait obtenu en 2023 un contrat de 705 millions de dollars pour développer le missile, avec un délai de 36 mois pour mener à bien le développement, l’intégration et les tests. L’objectif était d’atteindre la Capacité Opérationnelle Initiale (COI) en 2026.
Recherche de nouvelles sources
Le nouvel appel à fournisseurs, dont la date limite est fixée au 19 mars, porte sur une arme offrant des performances équivalentes ou supérieures à celles du SiAW, capable de supprimer et neutraliser les défenses aériennes ennemies dans des environnements contestés. L’accent est mis sur une portée accrue, une précision avancée, des contre-mesures électroniques efficaces, ainsi qu’une intégration avec les plateformes existantes et à venir.
Les capacités mises en avant dans cet avis incluent notamment :
- Recherche anti-radiation avancée avec large couverture des fréquences ;
- Capacité à cibler les radars modernes et avancés, y compris les émetteurs agiles en fréquence et à basse probabilité d’interception (LPI) ;
- Possibilité d’attaquer des menaces balistiques modernes et autres cibles non coopératives ;
- Système de guidage et de navigation de haute précision (GPS/INS avec capacités de brouillage renforcées) ;
- Fonctionnalités de sélection de cibles préventive potentielles ;
- Capacité de réattaquer ;
- Robustes contre-mesures électroniques (ECCM) pour déjouer les interférences ennemies telles que les chaffs, leurres et brouillages.
Cette ouverture pourrait offrir une opportunité au missile hypersonique Mako de Lockheed Martin, initialement développé pour le projet SiAW, bien que Lockheed ait choisi de se retirer des phases suivantes du contrat. Le Mako est présenté comme une arme performante, rentable et produite en série, transportable en soute interne par les F-35A et C, ainsi qu’en externe sur le F-35B, avec une compatibilité possible pour une large gamme de chasseurs de 4e génération.
Le programme SiAW
Le programme SiAW a été lancé en 2022 avec des contrats attribués à Northrop Grumman, Lockheed Martin et L3Harris. En 2023, deux contrats supplémentaires ont été accordés à Lockheed Martin et Northrop Grumman pour finaliser la Phase 1. La Phase 2 poursuit l’exigence de la Force aérienne pour cette arme de moyenne portée, première de son genre, développée via une ingénierie numérique et intégrant une architecture système ouverte.
La Phase 2 est divisée en deux étapes : la Phase 2.1 se termine par un test de vol guidé, tandis que la Phase 2.2 prévoit trois tests de vol supplémentaires ainsi que la livraison des prototypes de missiles SiAW et des ressources associées. Après cette phase, le programme devra passer à la phase d’acquisition et être déployé sur le F-35A Lightning II, et probablement sur le bombardier furtif B-21 Raider.
L’USAF vise une Capacité Opérationnelle Initiale pour 2026 et prévoit d’acquérir 400 missiles d’ici 2028, puis environ 3000 unités supplémentaires dans les années suivantes.
En attendant, le missile guidé anti-radiation avancé AGM-88G (AARGM-ER) est utilisé comme capacité transitoire. Ce missile a aussi contribué au développement du SiAW.
L’AARGM-ER est une évolution du missile anti-radiation à grande vitesse AGM-88E AARGM. Il reprend les sections de contrôle et de guidage du AGM-88E, mais intègre une nouvelle ogive et un moteur-fusée amélioré, ce qui accroit son efficacité pour neutraliser les défenses aériennes ennemies, y compris lorsque celles-ci éteignent leurs radars.
Capacités attendues
Le SiAW est conçu non seulement pour détecter les émissions électromagnétiques, mais aussi pour aller bien au-delà du rôle traditionnel d’une arme de suppression et destruction des défenses aériennes ennemies (SEAD/DEAD) ciblant uniquement les radars. Il doit pouvoir engager une large palette de cibles terrestres en environnement anti-acès/denial (A2/AD), telles que missiles balistiques, systèmes de défense antimissile, lanceurs antinavires, centres de commandement stratégiques, importants nœuds logistiques, systèmes antisatellites et autres objectifs à haute valeur.
Le SiAW devrait être plus rapide que les actuels AGM-88 HARM et futurs AARGM-ER, avec une portée plus étendue, encore confidentielle. L’arme incorporera plusieurs capteurs, un guidage GPS haute résolution et une interface architecture ouverte.