La Marine brésilienne a officiellement réceptionné la frégate Tamandaré (F200), premier navire de la classe Tamandaré, lors d’une cérémonie tenue le 13 mars au chantier naval ThyssenKrupp Estaleiro Brasil Sul à Itajaí, dans l’État de Santa Catarina. Ce nouveau bâtiment constitue une étape majeure dans le plan de modernisation de la flotte de surface brésilienne.
Cette frégate est la première d’une série de huit unités prévues dans le cadre du programme PFCT (Programa Fragatas Classe Tamandaré), lancé en 2017 afin de renouveler la flotte vieillissante des navires de combat de surface du Brésil. Ce programme succède au PROSUPER, initié en 2008 avec pour but d’accroître et moderniser la flotte de surface, avant d’être suspendu en 2016.
Dans ce cadre, les nouveaux bâtiments doivent remplacer les frégates de classe Niterói, dont cinq sont en service depuis 1977, ainsi que la frégate Rademaker (F49), ancien HMS Battleaxe, opérationnelle depuis 1997 dans la Marine brésilienne.
Le projet a été lancé via un appel d’offres international en 2017, où quatre consortiums étaient finalistes. Le consortium allemand thyssenkrupp Marine Systems a remporté la compétition avec une proposition basée sur la plateforme MEKO A100, spécialement adaptée aux besoins de la Marine brésilienne.
La sélection de ce design allemand a été annoncée le 28 mars 2019. Un contrat d’environ 2 milliards d’euros a ensuite été signé le 6 mars 2020 pour débuter la construction de cette nouvelle classe de frégates.
Pour la mise en œuvre du programme, le consortium Águas Azuis a été créé, regroupant thyssenkrupp Marine Systems, Embraer Defense & Security et Atech. La quille de la future Tamandaré a été posée le 24 mars 2023, et le navire a été baptisé et lancé le 9 août 2024.
La frégate classe Tamandaré présente un déplacement d’environ 3 500 tonnes pour une longueur de 107,2 mètres, une largeur de 16 mètres et un tirant d’eau de 5,2 mètres. Elle dispose d’un système de propulsion en configuration CODAD (Combined Diesel And Diesel) avec quatre moteurs diesel MAN V12 28/33D, fournissant chacun une puissance de 5 460 kW, entraînant deux lignes d’arbres via des réducteurs.
Ce dispositif permet d’atteindre une vitesse maximale de 25,5 nœuds. À une vitesse économique de 14 nœuds, la frégate peut parcourir 5 500 milles nautiques environ.
La production électrique est assurée par quatre groupes électrogènes Caterpillar C32, chacun d’une puissance nominale de 1 417 kW. Le système de gestion de combat utilisé est le Naval Combat System ATLAS, fourni par Atlas Elektronik.
Le capteur principal est un radar tridimensionnel Hensoldt TRS-4D, fonctionnant dans la bande G avec une antenne rotative. Le système de contrôle de tir est le Thales STIR 1.2 Mk2, et la détection sous-marine repose sur le sonar Atlas Elektronik ASO 713 installé dans la coque.
La protection électronique est assurée par le système de guerre électronique Omnisys MAGE Defensor ET/SLR-1 Mk3, complété par des lance-leurres Terma C-Guard, renforçant la capacité défensive du bâtiment face à diverses menaces.
L’armement principal comprend un unique canon naval Leonardo Super Rapid de 76 mm/62. Pour la défense à courte portée, la frégate est équipée d’une station de tir téléopérée Rheinmetall Sea Snake de 30 mm et de deux systèmes FN Herstal Sea DeFNder de calibre 12,7 mm.
Sa capacité offensive repose principalement sur huit missiles antinavires MANSUP-ER (également appelés AV-RE40), logés dans des conteneurs de lancement situés derrière le mât principal. La défense aérienne est assurée par des missiles MBDA Sea Ceptor tirés depuis un système de lancement vertical à 12 cellules.
Pour la guerre anti-sous-marine, la frégate dispose de deux lance-torpilles triples SEA TLS-TT tirant des torpilles légères de 324 mm. Elle peut également embarquer un hélicoptère de taille moyenne, tel que le Leonardo Super Lynx Mk21B ou le Lockheed Martin S-70B Seahawk, pour étendre ses capacités opérationnelles.
La frégate Tamandaré sera opérée par un équipage d’environ 130 marins. Sa mise en service marque une avancée significative dans le long processus de modernisation de la Marine brésilienne et le renforcement de ses capacités de sécurité maritime.
