Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a annoncé mardi l’élimination la nuit précédente du puissant chef de la sécurité nationale iranienne, Ali Larijani, ainsi que du commandant de la force paramilitaire Basij de la République islamique.
Si cette information était confirmée par Téhéran, il s’agirait de l’assassinat le plus marquant depuis la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei et d’autres hauts responsables, survenue lors d’une série de frappes américano-israéliennes ayant déclenché le conflit le 28 février dernier.
Dans une déclaration télévisée, Israel Katz a précisé qu’il avait été informé par le chef d’état-major des forces israéliennes que Larijani et Gholamreza Soleimani, le chef du Basij, avaient été « éliminés dans la nuit ».
Il a ajouté que ces deux responsables « ont rejoint Khamenei, le maître du programme d’anéantissement, ainsi que tous ceux qui ont été éliminés de l’axe du mal, dans les profondeurs de l’enfer ».
Un haut responsable militaire israélien a également indiqué que l’armée avait visé un commandant important du Jihad islamique palestinien, Akram al-Ajouri, lors d’une frappe sur le territoire iranien, et évaluait les conséquences de cette opération.
Akram al-Ajouri dirigeait la branche militaire du groupe, les Brigades al-Qods, actives en Cisjordanie et à Gaza, et a participé à l’attaque sans précédent du 7 octobre 2023 contre Israël menée par le Hamas.
Le responsable israélien a décrit Larijani comme étant « le leader de facto du régime iranien, particulièrement au cours des deux dernières semaines, mais aussi auparavant, il était considéré comme celui qui prenait les décisions et orchestrai les actions ».
Le bureau du Premier ministre israélien a publié une photo du chef du gouvernement au téléphone, légendée : « Le Premier ministre Benjamin Netanyahu ordonne l’élimination de hauts responsables du régime iranien ».
Auparavant, les forces militaires israéliennes avaient annoncé avoir tué Gholamreza Soleimani, chef du Basij, « lors d’une frappe précise à Téhéran ».
« Hier (lundi), l’armée de l’air israélienne, agissant sur la base du renseignement militaire de Tsahal, a ciblé et éliminé Gholamreza Soleimani, commandant du Basij depuis six ans », a-t-elle indiqué.
Le Basij, une force volontaire relevant des Gardiens de la révolution iraniens, a « dirigé les principales opérations de répression menées par les autorités lors des récentes manifestations de masse en Iran », a souligné l’armée israélienne.
Les militaires ont précisé que Soleimani avait été éliminé avec d’autres commandants du Basij, lors d’une frappe aérienne sur un « quartier général improvisé ».
L’Iran a été secoué par des manifestations inédites contre le régime religieux, qui ont atteint leur point culminant en janvier.
Ces protestations ont été sévèrement réprimées, causant selon les organisations de défense des droits de l’homme la mort de milliers de personnes et l’arrestation de dizaines de milliers d’autres.
Ces derniers jours, l’armée israélienne a affirmé cibler les postes de contrôle du Basij déployés autour de Téhéran, dans une tentative de fragiliser le contrôle du régime sur le pays.
Peu après l’annonce de Katz, des journalistes présents à Jérusalem ont entendu des explosions lointaines et des sirènes se sont déclenchées dans le nord d’Israël, à la suite d’une alerte à des missiles iraniens en approche.