Des images récemment publiées par la Marine américaine montrent plusieurs navires de guerre américains lançant des missiles de croisière Tomahawk contre des cibles en Iran dans le cadre de l’opération Epic Fury.
Les vidéos dévoilent les destroyers lance-missiles de la classe Arleigh Burke USS Milius (DDG 69), USS Frank E. Petersen Jr. (DDG 121) et USS Pinckney (DDG 91) tirant des salves de missiles Tomahawk Land Attack à partir de leurs systèmes de lancement vertical.
Ces frappes s’inscrivent dans une campagne militaire américaine plus large, déclenchée après une escalade des tensions avec l’Iran début mars, à la suite de frappes américaines et israéliennes ayant provoqué des ripostes par missiles et drones dans toute la région. Depuis, les forces américaines ont mené des opérations prolongées impliquant des moyens aériens et navals.
Le recours aux missiles de croisière lancés depuis des destroyers offre une capacité de frappe à distance, permettant d’engager des cibles sans exposer les aéronefs habités à des zones aériennes contestées. La Marine américaine n’a pas communiqué sur les cibles spécifiques visibles dans les images.
Le missile
Le BGM-109 Tomahawk Land Attack Missile (TLAM) est un missile de croisière subsonique toute météo à longue portée, conçu aux États-Unis pour les missions de frappe terrestre de précision. Il est utilisé par plusieurs marines, notamment celles des États-Unis, du Royaume-Uni, de l’Australie et des Pays-Bas, et peut être lancé depuis des navires de surface ou des sous-marins. Ce missile est conçu pour atteindre des objectifs à grande distance tout en volant à basse altitude afin de réduire sa détection.
Sa longueur dépasse six mètres avec le propulseur fixé, et son poids varie entre 1 300 et 1 600 kilos selon la configuration. Propulsé par un turboréacteur et assisté à son lancement par un moteur-fusée à propergol solide, il évolue à environ Mach 0,74. Le Tomahawk vole généralement entre 30 et 50 mètres d’altitude au-dessus du sol, une trajectoire basse qui accroît sa capacité à survivre face aux défenses aériennes ennemies.
Plusieurs variantes du Tomahawk existent, avec des charges utiles différentes. Les premiers modèles pouvaient emporter une charge nucléaire, désormais retirée du service, tandis que les versions plus récentes disposent d’une ogive conventionnelle unique à haute puissance explosive. Une autre variante, le TLAM-D, est équipée pour larguer jusqu’à 166 sous-munitions explosives sur une zone ciblée, permettant d’atteindre plusieurs points dans une empreinte définie.
Sa navigation repose sur la combinaison de plusieurs systèmes : navigation inertielle, GPS, comparaison du relief (TERCOM) et corrélation numérique d’images (DSMAC). Ces technologies permettent au missile de comparer des données cartographiques et visuelles préchargées avec les observations en vol, d’ajuster sa trajectoire et de maximiser la précision à longue distance.
La portée opérationnelle varie selon les versions, atteignant généralement environ 1 600 kilomètres, certains modèles récents allant au-delà de 900 milles nautiques. Les missiles sont lancés via des systèmes verticaux ou des tubes lance-torpilles, offrant ainsi une grande flexibilité à bord de diverses plateformes navales et assurant leur rôle clé dans les capacités de frappe maritime.