Deux chasseurs Typhoon de la Royal Air Force (RAF) ont été dépêchés depuis la base aérienne de Borcea en Roumanie aux premières heures du samedi 25 avril, avec l’autorisation d’intercepter des drones russes évoluant à proximité de la frontière roumaine. Selon les déclarations du ministère britannique de la Défense et des responsables militaires roumains, les appareils sont revenus sans avoir tiré.
Le ministère roumain de la Défense nationale a confirmé que des radars avaient détecté des drones opérant près de l’espace aérien roumain dans la matinée du 25 avril. Les Typhoons, affectés à la mission de police aérienne renforcée de l’OTAN, ont décollé à 2h00 du matin et ont établi un contact radar avec une cible située à 1,5 kilomètre de Reni, au-dessus du territoire ukrainien. Bien que les pilotes aient reçu l’ordre d’engager la menace, le colonel Cristian Popovici, chef de la Direction de l’information au ministère roumain de la Défense nationale, a confirmé dans une interview à Digi24 que les pilotes britanniques n’ont pas ouvert le feu.
Le ministère britannique de la Défense a confirmé que les deux avions sont rentrés à leur base sans engager aucun appareil russe et sans pénétrer dans l’espace aérien ukrainien. Cette version concorde avec les propos du colonel Popovici et avec le rapport de l’agence Reuters, qui qualifie cette mobilisation d’interception de procédure standard de surveillance. Reuters souligne également que, bien que la Roumanie dispose du droit légal d’abattre des drones en temps de paix si la vie ou les biens sont menacés, elle n’a pas encore exercé cette prérogative.
Un drone lié à l’attaque russe plus large contre des cibles ukrainiennes dans la région a ensuite dévié de sa trajectoire et s’est écrasé dans la zone de Bariera Traian à Galați. Des débris du drone ont été retrouvés à plusieurs endroits, tandis que la police et l’armée roumaines ont sécurisé la zone. Les premiers bilans indiquent que des dégâts ont affecté un bâtiment annexe d’une habitation ainsi qu’un poteau électrique, sans faire de victimes.
La confusion a été importante dans les premières heures du samedi matin, plusieurs grands médias ayant rapporté à tort que les Typhoons avaient abattu des drones russes. Le communiqué du ministère roumain de la Défense exposait une chronologie où les pilotes recevaient l’autorisation d’engager, la cible était suivie au radar jusqu’à une position précise, des explosions étaient ensuite rapportées à cet endroit, suivies de la découverte de débris au sol. Ce récit chronologique laisse naturellement entendre un lien de causalité, ce qui a conduit à interpréter ces événements comme une chaîne directe d’actions et de réactions, alors qu’aucune précision n’était donnée pour dissocier l’explosion de l’impact du drone.
C’est seulement après des clarifications apportées par le colonel Cristian Popovici lors de son intervention sur Digi24, ainsi que par un communiqué distinct du ministère britannique de la Défense, qu’il a été établi que les Typhoons n’avaient pas tiré et que les explosions faisaient partie de l’attaque russe plus large sur le territoire ukrainien. Reuters, citant des sources roumaines, a confirmé qu’il s’agissait d’une procédure de surveillance standard, rappelant que la Roumanie n’a pas encore utilisé son droit légal d’abattre des drones en temps de paix, même si elle en a l’autorisation lorsque des vies ou des biens sont en danger.
Le ministère roumain de la Défense a « fermement condamné les actions irresponsables de la Fédération de Russie », qualifiant cet incident de « nouveau défi à la sécurité et à la stabilité régionales dans la zone de la mer Noire » et soulignant que « de tels événements démontrent le mépris de la Fédération de Russie pour le droit international et mettent en danger non seulement la sécurité des citoyens roumains, mais aussi celle de la sécurité collective de l’OTAN ».