Le président américain Donald Trump a annoncé jeudi qu’il envisagerait « probablement » de retirer les troupes américaines stationnées en Espagne et en Italie, dans une nouvelle série d’attaques contre le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, et la Première ministre italienne, Giorgia Meloni.
Lors d’une déclaration dans le Bureau ovale, le dirigeant américain a affirmé que l’Italie « ne nous avait été d’aucune aide » et a qualifié l’Espagne d’« absolument horrible ». Les deux pays ont refusé l’accès à leurs bases aux avions militaires américains impliqués dans la guerre contre l’Iran.
Ces propos interviennent après des menaces similaires adressées en début de semaine au chancelier allemand Friedrich Merz. Les trois alliés européens de l’OTAN ont critiqué la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran.
Sánchez s’est positionné comme un contrepoids européen à Trump, tandis que Meloni, l’une des alliées européennes les plus proches de Trump après sa réélection en 2024, s’est récemment distanciée du président américain pour tenter de préserver son poste de Première ministre en vue des élections nationales prévues en 2027. Merz a quant à lui déclaré que les États-Unis étaient « humiliés » par l’Iran dans le conflit au Moyen-Orient.
Le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, a réagi aux déclarations, affirmant à l’agence ANSA qu’il « ne comprendrait pas les raisons » d’un éventuel retrait des troupes américaines d’Italie.
Les États-Unis déploient environ 12 000 militaires en Italie, tandis que l’Allemagne est le seul pays européen à accueillir un effectif plus important, avec plus de 36 000 soldats américains. L’Espagne héberge quant à elle environ 3 800 soldats, selon un rapport publié par le Pentagone en décembre.
Merz a dû faire preuve de prudence pour maintenir de bonnes relations avec Trump. Contrairement à Rome et Madrid, Berlin autorise les États-Unis à utiliser la base aérienne de Ramstein pour coordonner les opérations militaires contre l’Iran.
Après plusieurs mois de négociations délicates avec Donald Trump, Merz semble désormais avoir perdu du terrain.
Un retrait américain d’Allemagne serait très coûteux, prenant des années et affaiblissant un avantage stratégique majeur dans le conflit avec l’Iran, ainsi que la capacité des États-Unis à projeter leur puissance militaire à l’échelle mondiale.
Des responsables de la défense ont déclaré qu’aucun plan immédiat de réduction des troupes n’était envisagé, mais qu’ils prenaient les propos de Trump au sérieux.