Des militaires spécialisés des forces spéciales de l’US Air Force, issus du 48e Escadron de Sauvetage, du 7e Escadron des Opérations de Soutien Aérien et du 316e Escadron du Génie Civil, section déminage, ont mené le 7 avril 2026 une démonstration de concept autour d’un intercepteur cinétique grand public intégré à un système expéditionnaire de lutte anti-petits véhicules aériens sans pilote (C-sUAS). Cette expérience visait à combler des lacunes opérationnelles critiques pour des petites équipes évoluant « hors bases protégées ».
La démonstration s’est déroulée sur la Florence Military Reservation de la Garde nationale de l’Arizona. Face à l’utilisation croissante par les adversaires de drones d’attaque peu coûteux et à usage unique, les petites unités en déploiement avancé sont exposées à des menaces accrues, souvent privées d’accès aux systèmes traditionnels de défense aérienne fixe. L’objectif a été de développer une solution légère et facilement déployable, capable de détecter, suivre et neutraliser des drones en provenance des groupes 1 à 3 dans des environnements austères.
Les forces ont adopté une approche à couches multiples pour les opérations C-sUAS, combinant une technologie d’interception peu onéreuse avec des dispositifs sensoriels et des systèmes de commandement et contrôle expéditionnaires. Grâce à cette expérimentation, la Garde nationale de l’Arizona, le Southwest Mission Acceleration Center et plusieurs partenaires industriels ont intégré des outils de détection, de commande et différents types de drones cibles.
Au cours de la démonstration, les opérateurs des forces spéciales ont mis en œuvre quatre fonctions-clés : détecter, évaluer, commander et contrôler, puis neutraliser. L’objectif principal était de tester la capacité à identifier un drone hostile, fournir des données de suivi dans un tableau de situation commun, puis d’activer l’intercepteur pour lancer, suivre et engager la cible aérienne. Le système a ainsi démontré une chaîne de destruction complète “capteur-tireur” à un coût opérationnel maîtrisé.
« Nous évaluons une gamme de capacités intégrées de détection et de neutralisation, » a expliqué un spécialiste des forces spéciales rattaché au 355e Escadre. « En employant divers profils de cibles, depuis des aéronefs à voilure fixe jusqu’aux quadricoptères, couvrant les groupes 1 à 3, nous pouvons analyser quand, où et comment nos systèmes C-sUAS sont les plus performants. Notre objectif est une capacité portable par un opérateur, dotée d’un haut niveau d’autonomie, fonctionnant avec une infrastructure minimale, tout en restant complètement interopérable dans une architecture C-sUAS plus large. »
Cette formation illustre l’évolution constante du rôle du escadron, qui outre ses missions traditionnelles de sauvetage, s’étend désormais à l’emploi offensif et défensif de petits drones dans des zones contestées.
« En matière de protection des forces et d’exécution des missions, chaque couche répond à des menaces différentes sur des distances variées, » a ajouté le spécialiste des forces spéciales. « Cette approche s’adapte aux adversaires de niveau quasi-égal tout en maintenant des mesures anti-drones économiques et efficaces, indispensables dans les conflits modernes. »
Cette initiative marque une avancée majeure vers l’opérationnalisation des capacités C-sUAS expéditionnaires, combinant systèmes industriels et développements internes, avec une attention soutenue sur l’équipement rapide des combattants en environnement avancé.