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La démission de John Healey, secrétaire à la Défense, est un signal d’alarme pour le gouvernement britannique, avertit l’industrie de la défense, alors que les retards dans le plan d’investissement militaire ont déjà fragilisé plusieurs entreprises et poussé des PME innovantes à envisager leur départ du pays.

Andrew Kinniburgh, Directeur général de l’organisation professionnelle Make UK Defence, a publié un communiqué jeudi après-midi suite à la sortie de Healey du gouvernement, provoquée par les désaccords sur le financement du plan. Il qualifie cette démission de « moment important pour le secteur de la défense au Royaume-Uni » et décrit l’ex-ministre comme « une personnalité politique sérieuse » qui « comprend profondément la situation dangereuse à laquelle font face le Royaume-Uni et ses alliés ». Make UK Defence souligne avoir collaboré étroitement avec John Healey et ses équipes pendant près de deux ans au gouvernement et quatre ans dans l’opposition.

« Sa démission doit servir de réveil à ceux, au sein même du gouvernement, qui freineraient encore l’accélération des investissements en défense dont le pays a cruellement besoin », déclare Kinniburgh. Il rappelle que si le Royaume-Uni s’est engagé à atteindre l’objectif de dépenses de l’OTAN fixé à 3,5 % du PIB d’ici 2035, « aucun plan financier n’existe pour concrétiser cet engagement ».

Les conséquences de ce retard dans la mise en œuvre du Plan d’investissement en défense sont déjà particulièrement ressenties par les petites et moyennes entreprises. « Cette situation a laissé beaucoup de nos membres en difficulté, notamment les PME », souligne le directeur général. « Certaines entreprises ont fait faillite, les projets d’embauche ont été suspendus et plusieurs PME innovantes envisagent sérieusement de s’implanter à l’étranger faute de perspectives en Grande-Bretagne ». Il avertit que le Royaume-Uni est engagé dans une « course mondiale pour attirer les investissements privés dans la défense », mais que les investisseurs sont peu à peu détournés vers d’autres pays « car le Royaume-Uni ne progresse pas assez rapidement ».

Make UK Defence mène depuis plusieurs mois des campagnes, en interne comme en public, pour réclamer une hausse des dépenses militaires et a fourni au gouvernement des propositions qu’il considère comme crédibles pour atteindre cet objectif. Andrew Kinniburgh insiste sur le fait que John Healey et son équipe « ont toujours pris ces idées au sérieux », et les remercie pour leurs efforts.

Le communiqué se conclut par une injonction claire à l’exécutif : « Le moment est venu pour le gouvernement britannique de relever ce défi ». Selon Make UK Defence, il est impératif que Londres accélère ses dépenses en matière de défense, publie « un plan financier clair permettant d’atteindre 3,5 % du PIB le plus rapidement possible », et présente « un plan d’investissement crédible avant le sommet de l’OTAN prévu le mois prochain ».