Article de 1156 mots ⏱️ 6 min de lecture

Un nouveau système de contrats militaires vient d’être introduit en Ukraine, avec des primes et des salaires significativement majorés pour les fantassins. Les soldats d’infanterie, considérés comme les plus exposés, bénéficient d’une rémunération jusqu’à dix fois supérieure à celle des spécialistes en arrière, comme les opérateurs de drones ou les artilleurs, ainsi que de contrats plus courts et de périodes de repos plus longues.

Depuis le printemps, un travail a été mené pour élaborer ce nouveau système contractuel, désormais officialisé. Il repose sur un barème de rémunération basé sur les risques encourus et un système de primes destiné à encourager les engagements les plus dangereux. Selon ArmyInform, source officielle ukrainienne, les fantassins percevront une solde de base de 300 000 hryvnias (~10 000 USD) par mois, avec des contrats de 14 mois pour les nouvelles recrues, 10 mois pour les militaires actuellement en service et 6 mois pour ceux engagés dès le début du conflit.

Le système prévoit aussi des primes quotidiennes :

  • 10 000 UAH pour chaque jour passé à défendre une position au niveau de la section;
  • 20 000 UAH pour une journée de raid;
  • 40 000 UAH pour une journée d’assaut avec prise et maintien de terrain.

Ainsi, les fantassins en première ligne peuvent rapidement accumuler des sommes importantes, notamment lorsqu’ils défendent des positions coupées du reste des forces pendant plusieurs mois.

Des primes générales sont également accordées, comme 100 000 hryvnias pour la capture d’un prisonnier de guerre, ou 15 000 hryvnias pour chaque ennemi neutralisé lors d’un combat rapproché.

Les unités de soutien en arrière, telles que pilotes de drones, opérateurs de guerre électronique ou artilleurs, se voient proposer des contrats plus longs, de 24 mois, avec une solde mensuelle nettement inférieure, environ 30 000 UAH (un dixième de celle des fantassins). Elles bénéficient toutefois de primes allant jusqu’à 100 000 UAH lorsqu’elles sont engagées au combat, et des majorations pour responsabilités spécifiques.

Les autres fonctions de soutien perçoivent quant à elles une base salariale de 20 000 hryvnias, augmentée de bonus pour le service en base ou en zone arrière, pouvant atteindre 120 000 UAH pour la participation à la direction des opérations depuis les quartiers généraux.

Après la fin du contrat, les fantassins bénéficient d’une période de congé garantie de six mois, augmentée de trois mois par mois de participation effective aux combats, ainsi que de six mois pour chaque année de service depuis 2022 et d’un mois par année de service antérieure. Les personnels en arrière sont assurés d’un congé minimum de six mois, avec des congés supplémentaires calculés selon leur durée de service et leur engagement dans le combat.

Ce système marque une volonté claire de valoriser les combattants en première ligne, essentiels dans le conflit actuel. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a souligné que “tout repose sur le fantassin ukrainien”.

Par ailleurs, les structures de recrutement visent à attirer des légionnaires étrangers, jusqu’à 50 % des postes d’infanterie pourraient être confiés à des volontaires venus d’autres pays, notamment des régions où ce niveau de rémunération est très attractif, comme l’Amérique latine ou l’Asie du Sud-Est.

Un système informatique appuyé par la géolocalisation, évoqué sous le nom de “Mission Control”, devrait faciliter la gestion des primes et garantir la transparence des paiements aux soldats, tout en permettant de localiser les blessés sur le terrain.

En effet, malgré la montée en puissance des drones et des frappes à distance, le combat au sol reste incontournable. Seuls les fantassins peuvent tenir une position de façon continue et conquérir durablement un terrain, dans un environnement où les véhicules blindés doivent régulièrement se désengager pour ravitaillement ou rechargement.

Cette réforme intervient peu après l’approbation des nouveaux prêts de l’Union européenne, soulignant l’appui financier européen au renforcement des forces ukrainiennes.

Par ailleurs, il convient de rappeler que les soldats ukrainiens financent souvent eux-mêmes une partie de leur équipement et leurs véhicules, une situation qui n’est pas remise en cause par cette réforme.

Enfin, dans le cadre d’une amnistie concernant les déserteurs, ceux-ci ne seront pas renvoyés vers leurs unités d’origine mais pourront choisir parmi les cinquante brigades les plus performantes, notamment dans l’infanterie.

Situation militaire et actualités récentes :

Selon le bilan matinal du 13 juin du général ukrainien, les pertes russes ont été lourdes la veille avec 1 310 soldats tués, la destruction de 88 pièces d’artillerie, 4 lance-roquettes multiples, un système de défense anti-aérien lourd, 424 véhicules de transport, ainsi que plusieurs blindés et matériels spécialisés.

Sur le front baltique, l’armée suédoise et ses alliés ont élevé leur dispositif d’alerte à deux reprises en réponse à des survols d’avions russes Su-24 et Su-34 au-dessus de la mer Baltique. Le vice-amiral Ewa Skoog Haslum, chef de la direction des opérations suédoises, a déclaré : “Les actions russes sont graves et répétées, menaçant notre intégrité territoriale et notre sécurité. Nos forces aériennes ont répondu rapidement et fermement pour sécuriser le territoire suédois et de l’alliance.”

En mer Noire, l’Ukraine a frappé une installation de terminal de gaz naturel liquéfié (GNL) dans la région de Krasnodar, provoquant des incendies confirmés par les relevés satellites.

Plusieurs attaques russes ont aussi ciblé une place de marché dans la région de Dnipropetrovsk avec une douzaine de bombes guidées, causant des dégâts matériels importants et blessant neuf civils.

Sur le front sud, Kiev a détruit la passerelle ponton dans le secteur de Tchonhar, remplacée après que les infrastructures routières aient été détruites par des frappes précédentes. L’attaque visait également des camions sur place, affaiblissant les capacités logistiques russes.

Sur le plan industriel, la coopérative alimentaire Arla, bien connue en Suède, vient d’être intégrée au géant laitier allemand DMK Group. Cette fusion inclut désormais des activités de production en Russie, notamment dans le secteur de la fabrication de fromages, suscitant des interrogations quant au maintien des intérêts suédois dans une région en guerre.

Enfin, les frappes ukrainiennes contre les infrastructures russes continuent avec des sabotages d’installations clés dans la région de Volgograd ainsi que la destruction répétée de véhicules militaires, dont des camions-citernes, éloignés du front.

Razom do peremohi – Ensemble vers la victoire !