Les États-Unis ont déployé des troupes sur une base aérienne au Kenya pour aider à la construction et à l’installation d’une unité d’isolement destinée à accueillir des Américains exposés au virus Ebola. Ce projet a suscité d’importantes contestations au Kenya, où plusieurs manifestants ont été tués par la police.
Un responsable américain a confirmé ce déploiement, précisant que le Commandement américain pour l’Afrique (AFRICOM) a envoyé un élément de coordination avancée à Lakipia, au Kenya, pour mettre en place une unité d’isolement temporaire contre Ebola.
Les militaires déployés ne sont pas chargés de fournir des soins médicaux directs, même si l’équipe comprend des planificateurs médicaux. Leur mission principale est d’appuyer la logistique et l’installation de la structure, dont la gestion est assurée par le Département d’État, le Département de la Santé et des Services sociaux ainsi que les Centers for Disease Control and Prevention (CDC). Parmi le personnel militaire, on compte également des spécialistes en ingénierie, communication et sécurité.
Le Département d’État a renvoyé les questions sur ce déploiement au Département de la Défense, sans fournir de précisions supplémentaires sur le nombre de troupes ou les unités concernées.
Une épidémie d’Ebola a été déclarée le 15 mai dernier, avec des cas confirmés en Ouganda et en République démocratique du Congo (RDC). 689 cas ont été enregistrés en RDC et plus d’une dizaine en Ouganda.
Le Département d’État a annoncé la création d’un centre de quarantaine de 30 lits au Kenya, destiné à isoler les ressortissants américains exposés au virus. Ces derniers seront soumis à des examens médicaux avant d’être autorisés à retourner aux États-Unis. Ce projet, implanté sur la base aérienne de Nanyuki, située à 120 miles de Nairobi, a provoqué de vifs débats. La population locale craint une propagation du virus sur le territoire kenyan. Les manifestations de grande ampleur ont commencé la semaine dernière et ont déjà fait trois morts parmi les manifestants, abattus par la police.
D’après l’ambassade des États-Unis au Kenya, le Département d’État travaille également à renforcer les capacités régionales de dépistage, notamment pour les Américains impliqués dans la réponse à l’épidémie. L’ambassade assure par ailleurs que cette nouvelle installation ne présente aucun risque pour les communautés avoisinantes.
Lors de l’épidémie d’Ebola en 2014, les forces américaines avaient déployé des milliers de soldats en Afrique de l’Ouest pour installer des hôpitaux militaires de campagne et réaliser des centaines de rotations aériennes pour acheminer du matériel. Cette mobilisation a contribué à contenir la propagation de la maladie, même si l’épidémie n’a été définitivement maîtrisée dans certains pays qu’en 2016.