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Boeing a décidé de se retirer de l’appel d’offres lancé par la Marine américaine pour son nouvel avion de formation, une décision surprenante alors que le constructeur était considéré comme le favori. Le fabricant a expliqué que son offre, le T-7A « Red Hawk », ne répondait pas entièrement aux exigences spécifiques de la Marine, malgré le fait que cet appareil ait déjà été livré à l’US Air Force.

Boeing a précisé que le moteur GE Aerospace F404 équipant le T-7A nécessiterait un développement prolongé pour satisfaire aux critères de qualification propres au moteur du Système de Formation des Pilotes de l’US Navy (Undergraduate Jet Training System).

Cette justification, bien que partielle, pourrait aussi expliquer le retrait discret mais récent d’un autre concurrent, Lockheed Martin Korean Aerospace, avec son TF-50N également propulsé par le moteur General Electric F404-102.

Ce retrait permet à Boeing de concentrer ses efforts sur les programmes d’avions de sixième génération et d’investir simultanément dans les programmes F-47 et F/A-XX, en focalisant ses ressources d’ingénierie sur les priorités stratégiques du Pentagone.

Deux finalistes en lice

Le contrat avec la Marine américaine oppose désormais deux équipes : Textron-Leonardo avec le M-346N et Sierra Nevada avec le Freedom Trainer. Ces deux avions n’utilisent pas le moteur GE Aerospace F-404.

Textron Aviation Defense / Leonardo M-346N

M-346N
Le M-346N reste un candidat sérieux. Textron/Leonardo.

Textron Aviation Defense et Leonardo ont formé un partenariat pour proposer le M-346N, une version modifiée du M-346 déjà en service dans plusieurs pays, dont l’Italie, la Pologne et Singapour. C’est la dernière version du M-346 présentée à la Marine américaine, après que Leonardo l’ait initialement proposée de manière autonome dans le cadre du programme TX de l’US Air Force.

Ce partenariat intervient seulement trois mois après un accord similaire signé entre Leonardo et Airbus pour offrir le M-346 sur le marché européen, en vue du futur Système Aérien de Combat Européen. L’appareil est équipé de cinq points d’emports externes, pouvant larguer des bombes guidées laser et GPS. Il intègre aussi le système de liaison de données Link 16 et un nouveau système de communications sécurisées. Le stabilisateur horizontal est entièrement mobile, tandis que l’appareil biplace en tandem repose sur un train d’atterrissage tricycle.

Ses deux moteurs Honeywell/ITEC F124-GA-200 développent chacun une poussée de 2880 kgp et sont fabriqués sous licence par Fiat-Avio. L’appareil dispose aussi d’une unité auxiliaire de puissance MicroturboRubis. La cabine pressurisée et climatisée est couverte d’une verrière à charnière sur la droite, et équipée de sièges éjectables Martin-Baker Mk16D de type « zéro-zéro ».

Le M-346N est par ailleurs doté d’un système de génération d’oxygène embarqué (OBOGS), supprimant le besoin de bouteilles d’oxygène, d’écrans multifonctions, d’un affichage tête haute (HUD) et d’une commande de vol numérique (fly-by-wire).

Récemment, le prototype M-346FT a été testé pour le lancement de bombes Mk82 de 500 livres ainsi que de bombes guidées « Lizard » développées par Elbit Systems. Les essais ont aussi démontré la possibilité d’armer l’appareil d’un canon de calibre 12,7 mm et de roquettes guidées.

Sierra Nevada Freedom Trainer

Freedom Trainer
Le Freedom Trainer pourrait encore réserver des surprises.

Sierra Nevada Corporation (SNC) a présenté officiellement son avion de formation Freedom lors du symposium Tailhook à Reno (Nevada).

Le Freedom Trainer se distingue comme le seul avion capable d’effectuer des manœuvres d’appontage et de décollage sur porte-avions, ainsi que des exercices d’atterrissage en piste (FCLP) jusqu’au contact avec la piste, et ce même si la Marine a récemment retiré cette exigence de son cahier des charges. Cette capacité résout l’enjeu historique lié à la préparation des pilotes aux exigences des appontages, sans épuiser prématurément la flotte de chasseurs de première ligne.

Conçu pour une durée de vie structurelle de 16 000 heures et doté d’un train d’atterrissage à bras de queue spécialement conçu pour des appontages lourds répétés, le Freedom offre une robustesse supérieure à ses concurrents.

Techniquement, les avions de SNC affichent un avantage financier notable. Équipé de deux moteurs Williams FJ44-4M, le Freedom Trainer devrait réduire les coûts moteurs de 40 % par rapport aux appareils d’entraînement actuels de la Marine, et de moitié par rapport aux avions terrestres. Le coût horaire de l’avion est estimé à environ 4 500 dollars, soit presque deux fois moins que les appareils équipés des moteurs General Electric F404 ou Honeywell F124.

Son design permet également des sorties de vol jusqu’à 40 % plus longues, augmentant le temps d’entraînement effectif par vol et réduisant ainsi les coûts sur le cycle de vie. L’architecture modulaire à systèmes ouverts assure à NAVAIR un contrôle long terme sur les mises à niveau, évitant la dépendance à un seul fournisseur et facilitant l’intégration de systèmes tiers sur plusieurs décennies.

Au-delà des économies et de la compatibilité, SNC met en avant sa collaboration avec Red 6 pour intégrer le Système de Réalité Augmentée Tactique Aéronautique (ATARS). Porté via un casque, ce système permet aux pilotes de s’entraîner en temps réel contre des menaces virtuelles, simulant des avions ennemis ou des combats à missile lors de vols réels. Ces environnements synthétiques comblent l’écart entre l’instruction de base et l’entraînement tactique avancé, tout en réduisant la nécessité de coûteux avions adverses.

Les démonstrations réussies auprès de l’US Air Force et de la Royal Air Force renforcent la crédibilité d’ATARS. Son intégration dans la gamme de systèmes d’entraînement Freedom illustre l’ambition de SNC d’offrir non seulement un avion, mais un écosystème complet de formation.