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Le secrétaire américain à la Guerre, Pete Hegseth, a appelé les ministres de la Défense de l’OTAN à renforcer leurs efforts, alors que Washington injecte des sommes records dans son armée. Ses déclarations, faites aux côtés du secrétaire général, annoncent une ère plus exigeante pour l’alliance.

Au début de ce qu’il a qualifié de dernière grande réunion avant le sommet d’Ankara prévu le mois prochain, le secrétaire général Mark Rutte a salué la présence de Hegseth et affirmé que « l’OTAN 3.0 est en train de se concrétiser ». Cette expression résume la volonté d’une Europe plus forte et d’une alliance renforcée, le sommet turc devant être, selon Rutte, centrée sur la mise en œuvre concrète.

Rutte s’est appuyé sur un discours prononcé par Hegseth lors de sa première visite à l’OTAN en février 2025, où l’Américain exhortait les alliés à augmenter leurs dépenses, accroître leur production et conclure un accord équitable avec les États-Unis. Selon lui, l’Europe a désormais répondu à cet appel, avec plus de 90 milliards de dollars de dépenses de défense additionnelles à travers l’Europe et le Canada en 2025, soit une hausse d’environ 20 %. L’alliance doit continuer à augmenter sa production tant en Europe qu’en Amérique du Nord pour dépasser rapidement la puissance militaire croissante de la Chine, de la Russie et d’autres acteurs.

Le secrétaire américain a rendu la pareille, saluant la direction prise par Rutte en collaboration avec le président Donald Trump. Il a décrit l’OTAN 3.0 comme « la reconnaissance que l’alliance doit redevenir une véritable alliance militaire rigoureuse », dotée des capacités nécessaires pour dissuader sur le continent européen et prendre la tête de sa défense conventionnelle, une transformation que, selon lui, les pays européens sont désormais prêts à opérer.

Si de nombreux États membres respectent les engagements pris lors du sommet de La Haye l’an dernier, Hegseth a souligné qu’il restait des alliés à convaincre de faire davantage. Il a précisé qu’il n’hésiterait pas à le dire clairement, affirmant aux journalistes que les États-Unis seraient « candidats sur ce point, en privé comme en public », dans un esprit de « franchise entre amis ». Ce message sera au cœur de ses échanges durant la journée.

Hegseth a également insisté sur le poids des efforts américains, annonçant un investissement de 1,5 trillion de dollars dans la défense pour l’exercice financier 2027. Il a qualifié ce montant de « message adressé au monde » et indiqué qu’il consacrerait plusieurs semaines au Congrès pour défendre ce budget. L’objectif est de constituer ce qu’il appelle « l’arsenal de la liberté », principalement destiné à protéger les États-Unis et leurs intérêts, mais aussi à renforcer la puissance de l’OTAN et de ses alliés.

Ces déclarations donnent le ton d’un conseil des ministres de la Défense particulièrement crucial pour l’alliance. Les États-Unis ont annoncé qu’ils garantiraient moins d’effectifs dans le cadre du modèle de forces de l’OTAN, en appelant les Européens et le Canada à combler ce déficit. Par ailleurs, des responsables de haut rang alertent sur la Russie, dont le comportement de plus en plus imprudent met à l’épreuve l’espace aérien de l’OTAN, du bassin baltique jusqu’au Grand Nord, ce qui sera un enjeu majeur du sommet d’Ankara.