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Le Hezbollah a affirmé vendredi avoir détruit trois chars israéliens au cours d’affrontements toujours en cours, quelques heures après que des médias officiels libanais ont rapporté que des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont causé la mort de trois personnes.

Ces combats interviennent un jour après la signature d’un accord entre les États-Unis et l’Iran visant à mettre fin au conflit au Moyen-Orient sur tous les fronts, y compris au Liban.

Le Hezbollah, groupe armé soutenu par l’Iran, a déclaré que ses combattants avaient ciblé « trois chars Merkava avec des missiles guidés, entraînant leur destruction et leur incendie ».

Cela fait suite à une tentative des forces israéliennes « constituées d’un peloton blindé et d’un peloton d’infanterie (d’infiltrer) vers le flanc nord des collines Ali al-Taher », un site stratégique dominant la ville clé de Nabatieh, selon le Hezbollah.

« Les affrontements sont toujours en cours », a indiqué le groupe dans un communiqué diffusé dans la nuit.

Depuis mars, le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient en attaquant Israël, pour venger l’assassinat du chef suprême iranien au début de la campagne américano-israélienne.

Israël a répondu par de larges frappes à travers le Liban et par une invasion terrestre dans le sud, région limitrophe d’Israël et historiquement sous l’influence du Hezbollah.

Les hostilités se poursuivent malgré l’accord conclu entre Washington et Téhéran.

Jeudi, le Hezbollah a indiqué repousser une force israélienne qui tentait de progresser depuis la ville d’Arnoun vers les abords de Kfar Tibnit, à proximité de Nabatieh.

Selon l’Agence nationale d’information libanaise (NNA), un drone israélien a ciblé jeudi une voiture dans la zone de Kfar Tibnit, tuant deux personnes.

Un autre drone a tué une personne supplémentaire dans le village voisin de Zebdine, a rapporté la NNA.

De son côté, l’armée israélienne a annoncé la mort d’un de ses soldats dans une opération dans le sud du Liban, survenue la veille, faisant également sept blessés.

Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, a vu son porte-parole Stéphane Dujarric signaler que les casques bleus au Liban avaient également constaté des échanges de tirs jeudi.

« Jusqu’à aujourd’hui, 143 trajectoires de projectiles ont été observées, dont 119 attribuées aux Forces de défense israéliennes (FDI) et le reste au Hezbollah », a précisé Dujarric lors d’un point presse quotidien.

« Hier, 364 tirs ont été enregistrés, 330 attribués aux FDI et 34 au Hezbollah », a-t-il ajouté.

Offensive israélienne

Jeudi, le Hezbollah a affirmé avoir repoussé une offensive israélienne qui durait depuis quatre jours, visant les collines Ali al-Taher — qui abritent selon le groupe des infrastructures militaires stratégiques — et Kfar Tibnit.

Le groupe a indiqué avoir utilisé drones, roquettes et artillerie contre les troupes et chars israéliens, qui ont été contraints à un repli « sous couverture de fumigènes et de tirs d’artillerie nocturnes ».

Le même jour, Mohammad Raad, chef du bloc parlementaire du Hezbollah, a déclaré que la guerre d’Israël au Liban avait « échoué » à éliminer son groupe.

Il a appelé les autorités libanaises à « adopter un cadre pour des négociations indirectes avec l’ennemi » afin de mettre fin aux hostilités.

Il a estimé que l’armée israélienne devait « se conformer pleinement à la cessation des hostilités sur terre, mer et air, et se préparer à un retrait dans les 60 jours, sans nécessiter de négociations directes ».

Israël, pour sa part, a annoncé jeudi qu’il poursuivrait ses opérations dans le sud du Liban malgré l’accord américano-iranien.

L’état-major a également publié une carte de sa « zone de sécurité », une bande d’environ 10 kilomètres à l’intérieur du territoire libanais, qui englobe la zone où le Hezbollah a affirmé avoir repoussé l’offensive israélienne.

Selon l’armée, les troupes resteront déployées là « pour éliminer les menaces et renforcer la défense des habitants du nord d’Israël ».

Un officiel militaire israélien a ajouté que l’armée continuerait également « à neutraliser les menaces visant les soldats des FDI et la population civile israélienne identifiées au-delà de cette zone de sécurité ».