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Plus de trente ans après sa mise hors service, l’USS Long Beach, premier croiseur à propulsion nucléaire au monde, arrive enfin à l’étape de son démantèlement par la Marine américaine. Ancré depuis 1995 dans le chantier naval de Puget Sound, ce navire emblématique, retiré de toute superstructure caractéristique et privé de ses parties avant et arrière, s’apprête à quitter définitivement la scène navale.

La Marine américaine a récemment lancé un appel à candidatures auprès des entreprises capables d’entreprendre l’opération complexe et longue consistant à transporter, démanteler, déclassifier et recycler ce bâtiment de 220 mètres de long et 15 540 tonnes en déplacement, comprenant ses deux réacteurs nucléaires désormais sans combustible. Mis à l’eau en 1959 et admis au service actif en 1961, le Long Beach fut une révolution en matière de propulsion navale.

C’est seulement la seconde fois que la Marine sélectionne un chantier naval civil pour démanteler un navire de guerre nucléaire, après le porte-avions USS Enterprise, contemporains tous deux. Le déchargement de navires à propulsion nucléaire reste en effet une opération nettement plus délicate et coûteuse que pour des navires conventionnels, en raison des nombreux risques liés à la radioactivité, même après le retrait des réacteurs.

La décision de procéder au démantèlement a été officialisée après une évaluation historique réalisée en avril, qui a conclu que le Long Beach ne répondait pas aux critères nécessaires pour être inscrit au Registre National des Lieux Historiques. Ce malgré son statut de premier navire de surface à propulsion nucléaire et sa participation à des combats s’étendant de la guerre du Vietnam à l’opération Tempête du Désert.

Selon ce rapport, « le navire a été désactivé en 1994, remorqué aux chantiers de Newport News où toute la superstructure a été retirée et les réacteurs démontés ». « Après la fin de ces opérations à l’hiver 1995, la coque a été remorquée à travers le canal de Panama jusqu’à Puget Sound, où elle est restée en attente de recyclage ».

En 2012, le Long Beach a été vendu comme ferraille. Avec 10 000 tonnes d’acier, 300 milles de câblage électrique et 450 tonnes d’aluminium, ce qui lui avait valu l’indicatif radio « Alcoa », en hommage au fabricant d’aluminium du même nom, il représentait une quantité importante de matériaux valorisables.

Plus d’une douzaine de ferrailleurs avaient alors exprimé leur intérêt pour une vente aux enchères en ligne à plis fermés du navire, comprenant 3,33 millions de kilogrammes de fer, aluminium et cuivre, ainsi que des équipements divers tels que cuisines, tables, chaises, casiers et couchettes, selon Tom Burton, président de Government Liquidation, société en charge de la vente. Cette opération, estimée entre 18 et 26 mois, concerne désormais ce qui reste d’une coque inerte.

Le sort exact de cette vente n’est cependant pas clairement documenté. En 2015, des travaux de conservation limités sur la coque ont été menés à Puget Sound, entraînant la suppression des parties avant et arrière. Le navire n’a finalement pas été conservé ni inscrit au registre historique en raison des modifications majeures subies, ayant entraîné la perte des éléments caractéristiques de sa silhouette, comme la superstructure, l’armement principal et les extrémités, ne reflétant plus l’apparence d’un navire de guerre américain du XXe siècle.

Le délai de 60 jours offert aux parties intéressées pour présenter leurs observations est également écoulé sans réponse, ouvrant la voie au démantèlement final.

La Marine a ainsi prévu d’organiser une session d’information à Washington D.C. les 24 et 25 juin prochains à destination des entreprises désireuses d’en savoir davantage sur ce projet de destruction définitive de l’USS Long Beach.

Howard Altman