Un haut responsable militaire de l’OTAN a averti que la Russie, la Chine, l’Iran et la Corée du Nord tirent systématiquement des enseignements de la guerre en Ukraine, ce qui pourrait à terme réduire les avantages de l’alliance atlantique si celle-ci n’adapte pas sa stratégie plus rapidement que ses rivaux.
Lors d’une rencontre entre ministres de la Défense de l’OTAN, il a été souligné que ce conflit n’est « plus seulement une guerre régionale », mais s’est transformé en un « environnement d’apprentissage global ». Ces quatre États ne se contentent pas d’observer le conflit, ils s’en servent pour apprendre, s’entraider et échanger des technologies de manière « de plus en plus systématique ».
Le responsable a précisé le fonctionnement concret de cette coopération : l’Iran fournit des drones, des munitions, des explosifs et des technologies, la Corée du Nord apporte des systèmes d’artillerie, des missiles et du personnel, tandis que la Chine contribue en microélectronique, machines et soutient l’industrie de défense russe. En retour, la Russie partage ses technologies et retours d’expérience issus du champ de bataille avec ses partenaires.
Cela soulève une question jugée « non rhétorique » : l’alliance apprend-elle davantage que ses adversaires ? Le responsable a mis en garde en déclarant que « si nos adversaires peuvent observer, s’adapter et se déployer plus rapidement que nous », alors les avantages actuels des capacités de l’OTAN s’éroderont avec le temps.
Les leçons tirées en Ukraine ne concernent pas uniquement ce pays, mais représentent des « enseignements de la guerre moderne » applicables en Europe, dans la zone indo-pacifique, et partout où des conflits futurs pourraient éclater. Le champ de bataille évolue rapidement avec la compression des cycles décisionnels, la prolifération des systèmes sans pilote et l’émergence de la guerre électronique comme élément fondamental ; l’adaptation devient en elle-même une capacité clé.
Chaque leçon apprise en Ukraine a été acquise en conditions de combat, chaque innovation développée sous la pression du combat pour la survie nationale, a souligné le haut responsable, concluant que l’alliance a la responsabilité « d’apprendre de ces leçons avant d’être forcée de les apprendre nous-mêmes ».