La Russie consacre près de la moitié de son budget d’État à la défense, selon Mark Rutte, soulignant que ces chiffres illustrent l’urgence pour l’OTAN de ne pas sous-estimer les ambitions de Moscou.
À l’issue de la réunion des ministres de la Défense, Mark Rutte a indiqué que les dernières données montrent que la part du budget russe dédiée à la défense est passée de 40 % à « 48 % de l’ensemble du budget de l’État ». Cela signifie qu’environ trois quarts des recettes fiscales russes sont désormais affectés au secteur militaire. Des chiffres qu’il a qualifiés de « fous » et qui justifient l’absence de complaisance de l’alliance vis-à-vis de la Russie.
Cependant, Rutte a relativisé la menace en rappelant que, sur le plan économique, « la Russie n’est pas plus grande que la Belgique et les Pays-Bas réunis ». Il a souligné que Moscou est conscient de la force de l’OTAN et « ne peut pas nous vaincre ». L’alliance tient à rappeler que toute attaque de la Russie serait la plus grave erreur qu’elle pourrait commettre.
Interrogé sur les mises en garde du ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, et d’autres responsables, estimant que la Russie pourrait être en mesure d’attaquer l’OTAN d’ici 2029, Rutte a précisé que cette date s’appuie sur des évaluations issues de services de renseignement européens. Moscou pourrait avoir renforcé sa puissance d’ici là, mais l’objectif de l’OTAN est de rester « plus forte en 27, en 29 et même en 31 », afin que la Russie se dissuade de tenter une agression.
Sur le terrain, Rutte a expliqué que l’Ukraine maintient ses positions en réalisant de légers progrès, contrastant avec la situation d’il y a quatre ou cinq mois. Le pays réussit également à utiliser efficacement des drones et d’autres tactiques pour affaiblir les infrastructures énergétiques russes et réduire leur capacité de production d’armes. Il a estimé les pertes russes à entre 30 000 et 35 000 morts par mois, un chiffre qu’il qualifie d’impressionnant.
Questionné sur la possibilité qu’une Russie affaiblie offre des concessions ou, au contraire, intensifie le conflit, Rutte a souligné que c’est Vladimir Poutine qui devra décider de s’engager ou non dans un processus de paix, actuellement piloté par des négociateurs américains. Il a salué le rôle de l’ancien président Trump pour avoir débloqué cette impasse, tout en insistant sur la détermination de l’OTAN à continuer de renforcer l’Ukraine pour qu’elle reste la plus forte possible dans ce combat.