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Le prochain renouvellement des forces terrestres britanniques comprendra un investissement dans des véhicules terrestres sans pilote, a annoncé le ministre de la Défense Dan Jarvis lors d’une intervention devant le Royal United Services Institute.

Dans son premier discours majeur depuis sa prise de fonction douze jours plus tôt, Jarvis a indiqué lors de la conférence RUSI sur la guerre terrestre, le 23 juin, que le prochain Plan d’Investissement en Défense (PID) soutiendrait les ambitions de modernisation de l’Armée, notamment par un investissement accru dans les plateformes robotiques terrestres. « Le PID concrétisera ces ambitions, et cela inclut l’investissement dans les véhicules terrestres sans pilote dont l’Armée a besoin pour construire la prochaine génération des forces terrestres », a-t-il déclaré.

Cette déclaration constitue l’un des signaux publics les plus clairs à ce jour montrant que l’Armée britannique entend intégrer les systèmes terrestres sans équipage en tant que ligne d’investissement reconnue, au-delà d’une série d’expérimentations isolées. Des essais et démonstrations impliquant des plateformes robotiques ont déjà été réalisés, notamment dans le cadre du programme Robotic Platoon Vehicle, tandis que le développement conceptuel se poursuit dans le cadre du programme Future Soldier. Ces propos laissent entendre que ces efforts dépasseront la phase expérimentale pour devenir des programmes officiellement financés.

Dan Jarvis a souligné le rôle moteur du général Sir Roly Walker, chef d’état-major de l’armée de terre, dans cette modernisation. « Les forces terrestres qui prévaudront demain seront celles qui combinent des plateformes de haute technologie avec la masse, l’agilité et une expertise considérable, » a-t-il affirmé. « Le général Walker a accompli cela. Il a modernisé l’Armée britannique plus que tout autre chef d’état-major de mémoire récente. Vous avez entendu sa vision plus tôt. Le PID concrétisera ces ambitions. »

L’agenda de modernisation porté par Sir Roly Walker met l’accent sur ce que l’Armée nomme un complexe de reconnaissance-strike, intégré à des systèmes sans pilote aériens, terrestres et sous-marins, combinés avec de l’artillerie à longue portée, la guerre électronique et les frappes de précision. Ce concept s’appuie largement sur les pratiques observées en Ukraine ainsi que sur les enseignements tirés des essais menés au sein des armées de l’OTAN, constituant le socle intellectuel des récents développements en matière d’équipement et de doctrine.

Dan Jarvis a inscrit cet investissement dans les véhicules terrestres sans pilote dans une analyse plus large des enseignements du conflit ukrainien. « Il serait imprudent d’ignorer les leçons de l’Ukraine », a-t-il averti. « L’intelligence artificielle, l’autonomie et les systèmes sans pilote ne sont plus des capacités du futur. Ils bénéficieront d’investissements à la hauteur de leur importance stratégique. » Il a décrit un rythme d’innovation dans le domaine de la défense plus rapide que jamais, avec des cycles de développement désormais mesurés en mois plutôt qu’en années.

Ancien officier du Régiment des Paras ayant servi en Afghanistan, Irak, Irlande du Nord, Kosovo et Sierra Leone, le ministre de la Défense a aussi mis en garde contre un recours excessif aux plateformes sans pilote. « Certains pensent qu’il faudrait tout miser sur les drones », a-t-il déclaré. « Je comprends cette tentation, mais il y a des distinctions importantes à faire. Tant que nous resterons membres de l’OTAN, nous ne combattrons pas seuls. Et tant que nous maintiendrons notre dissuasion nucléaire indépendante, nous garderons toujours la maîtrise de notre destin. » Il a ajouté que même en Ukraine, le combat se livre encore dans les tranchées, au coude-à-coude, et que l’artillerie ainsi que les frappes de précision profondes se sont avérées essentielles.

Cette référence aux véhicules terrestres sans pilote figure parmi plusieurs indicateurs de capacités mentionnés par Jarvis lors de son discours. Il a évoqué les missions récentes et à venir des forces armées, qui vont de la protection du plateau continental dans le Grand Nord à la sécurisation de l’espace aérien au Moyen-Orient, en passant par la préparation à la régénération des forces ukrainiennes et la réouverture du détroit d’Hormuz. Selon lui, le Royaume-Uni a besoin d’une force flexible, hybride et intégrée qui puisse assurer la dissuasion et mener des opérations efficaces dans tous les domaines.

Les détails concernant les plans de l’Armée pour ces véhicules terrestres robotiques — choix des plateformes, quantités, calendriers et unités concernées — restent à définir dans le cadre du contenu du Plan d’Investissement en Défense. Dan Jarvis a précisé que ce document reste sa priorité immédiate et qu’il travaille à sa finalisation et publication, après avoir pris la responsabilité du ministère suivant le départ de John Healey.