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La Bundeswehr dispose désormais d’un dispositif de défense clairement établi : en cas de conflit, de crise ou de guerre, chaque soldat doit savoir précisément quelle sera sa mission, qui pourra différer considérablement de ses tâches en temps de paix. Ce document stratégique, pour des raisons évidentes de sécurité, reste confidentiel. La véritable épreuve sera désormais de garantir que chacun connaisse parfaitement son rôle au sein de ce dispositif.

Présenté ce mercredi au Comité de la défense, le document cadre la future organisation des forces allemandes :

« La Verteidigungsaufstellung définit le cadre stratégique fondamental sur la manière dont les forces armées allemandes seront structurées après une mobilisation complète, afin de pouvoir défendre l’Allemagne en cas de besoin. L’accent est mis ici sur l’année 2029, moment où la Russie pourrait être en mesure d’attaquer un territoire de l’OTAN. Cette orientation actuelle se concentre donc sur la capacité de défense de la Bundeswehr en fonction des forces, moyens et structures disponibles à l’horizon 2029. »
« En période de crise ou de guerre, la Bundeswehr doit pouvoir se réorganiser rapidement et efficacement. En pareil cas, l’organisation de temps de paix sera abandonnée au profit d’une structure adaptée à la défense. Les structures, la répartition du matériel et l’affectation du personnel seront alors ajustées rapidement. Certaines missions, jugées prioritaires en temps de paix, seront dépriorisées voire supprimées. De plus, le personnel pourra être redéployé à de nouvelles fonctions ou dans d’autres unités. Des structures partiellement actives ou inactives seront renforcées pour répondre aux exigences de défense. En conséquence, le système d’alerte et le plan de mobilisation de la Bundeswehr seront adaptés, voire refondus. »
« En résumé, la Verteidigungsaufstellung prend en compte les directives de la stratégie militaire, les exigences des plans de défense de l’OTAN ainsi que des directives nationales dérivées (plan d’opérations allemand), les structures de paix existantes, le personnel actuel, les augmentations prévues en effectifs et matériel jusqu’en 2029, ainsi que les nouvelles capacités qui seront intégrées d’ici là. »

Il serait vain de s’interroger sur les raisons pour lesquelles ce dispositif arrive seulement aujourd’hui. Lors des travaux préparatoires, certains représentants d’une branche ont dû se rendre jusqu’aux archives militaires de Fribourg pour consulter l’ancien document équivalent. Des officiers supérieurs ont confié que leurs postes en temps de paix perdraient presque toute importance en temps de guerre, mais leurs futures missions n’avaient encore jamais été clairement définies.

L’intégration des réservistes et la modernisation annoncée du système d’alerte suscitent également un intérêt particulier. Il est probable que, contrairement à la Guerre froide où les mots de code étaient diffusés via la radio, une application smartphone devienne le vecteur principal d’alerte — une méthode qui suscite toutefois des interrogations quant à sa résilience. Selon le ministère, les réservistes bénéficieront d’une attention renforcée :

« Un élément clé de ce document est la reconnaissance de l’importance de la réserve pour la capacité de défense : les réservistes seront désormais formés, équipés, exercés et intégrés dans les structures des forces actives afin de pouvoir être immédiatement engagés aux côtés de ces dernières en cas de crise. »

Cette nouvelle organisation opérationnelle aura aussi des conséquences sur les structures des forces actives. Il faudra attendre les annonces à venir pour en mesurer l’ampleur.

(Photo d’archive mai 2026 : des soldats du bataillon de grenadiers mécanisés 122 quittent le véhicule blindé Puma lors de l’exercice Freedom Shield de la brigade blindée 45 « Lituanie » sur le terrain d’entraînement de Pabradė en Lituanie – Marco Dorow/Bundeswehr)