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Le ministère de la Défense a confirmé qu’aucune date n’est fixée pour la reprise des travaux visant à équiper les avions ministériels Envoy IV de la Royal Air Force pour qu’ils puissent opérer en espace aérien hostile. Ce programme reste suspendu indéfiniment, d’autres priorités ayant pris le pas, a indiqué le ministère dans une réponse écrite à une question parlementaire.

Le député conservateur Ben Obese-Jecty avait interrogé le secrétaire d’État à la Défense, en se référant à une réponse antérieure du 8 juin, pour savoir jusqu’à quelle date les travaux étaient suspendus. Luke Pollard, ministre chargé de la préparation de la défense et de l’industrie, a répondu : « Les travaux visant à permettre aux avions Envoy IV d’opérer en espace aérien non sécurisé sont actuellement suspendus, et aucune date précise n’est fixée quant à la reprise de cette activité. Les priorités du département sont régulièrement réexaminées afin d’assurer leur alignement avec les exigences opérationnelles et les ressources disponibles. »

Cette réponse ne fournit donc aucune indication précise sur la reprise du programme, qui constitue la deuxième phase du programme de renouvellement du transport aérien de soutien au commandement. Il s’agit du cadre contractuel dans lequel les deux jets Dassault Falcon 900LX de la RAF devaient être transférés au registre des aéronefs militaires et équipés des systèmes défensifs nécessaires pour évoluer dans des zones à menace élevée.

La désignation Envoy IV concerne deux avions d’affaires Falcon 900LX acquis par le ministère de la Défense dans le cadre de la Revue intégrée de 2021, afin de remplacer la flotte vieillissante de quatre BAe Systems 146 qui avaient assuré le transport des premiers ministres, hauts responsables et commandants militaires vers des théâtres tels que l’Irak ou l’Afghanistan sur de nombreuses années. Ces Falcon sont entrés en service en juin 2022, appartenant à l’armée mais enregistrés auprès du régulateur civil, et exploités par un équipage mixte composé de pilotes militaires et civils ainsi que du personnel de cabine de la RAF. L’objectif était leur transition complète vers un statut militaire.

Cette transition, qui constitue la deuxième phase du programme de transport aérien de soutien au commandement, devait permettre d’amener cette nouvelle flotte au niveau de sécurité avancé qu’avaient les BAe 146. L’équipement prévu comprend une suite d’aides défensives destinée à déjouer les missiles et capteurs entrants, un système de communications sécurisées et la certification nécessaire pour évoluer dans un espace aérien aux conditions rapidement changeantes. Cette phase devait également marquer le passage à un équipage entièrement militaire, avec un support de maintenance à long terme programmé jusqu’en 2037.

La réponse précédente de Luke Pollard, le 8 juin, qui avait suscité cette deuxième question, indiquait que les avions continuaient d’assurer des missions de soutien au commandement dans divers domaines de la mobilité aérienne et que plusieurs options étaient à l’étude pour élargir les capacités futures de la flotte, dont les modifications militaires. Il précisait alors que les travaux étaient « actuellement suspendus tandis que d’autres activités ont été prioritaires ».

La dernière réponse confirme que cette suspension est indéterminée.

Cette situation place le Royaume-Uni dans une posture notablement différente de celle de plusieurs forces aériennes alliées, qui disposent de jets exécutifs militarisés dédiés capables de transporter leurs dirigeants politiques et militaires dans des zones contestées. Les suites d’aides défensives équipant généralement ces avions protègent notamment contre les missiles portables sol-air (MANPADS), qui se sont largement diffusés ces dernières années, ainsi que contre les armes à guidage infrarouge.