De nouvelles images offrent un aperçu inédit du HMS Glasgow et du HMS Cardiff, les deux premières frégates Type 26 de lutte anti-sous-marine de la Royal Navy, qui avancent désormais en parallèle dans leur phase d’équipement avant les essais en mer.
Le HMS Glasgow, bâtiment de tête de la série de huit frégates de la classe City, est stationné à Scotstoun depuis sa mise à flot à Glen Mallan fin 2022. Depuis, il fait l’objet d’un programme intensif d’aménagement : le canon naval de 127 mm BAE Systems Mk 45 Mod 4A a été installé à l’avant, le pont avant est préparé pour accueillir les systèmes Sea Ceptor et les modules du lanceur vertical Mk 41, tandis que les sonars de proue et à remorquage ont été montés. Le dernier exercice en date a surtout consisté en la terminaison des câblages internes, la mise en service des équipements et l’intégration des systèmes, dans l’optique d’une progression vers le lancement des essais en mer.
Le HMS Cardiff, deuxième unité de la classe, a rejoint le HMS Glasgow à Scotstoun fin 2024 après sa propre mise à flot et son remorquage sur la Clyde. Les deux navires ont été photographiés ensemble à plusieurs reprises depuis. Le Cardiff a réalisé sa première inondation en mai 2026, marquant son passage en cale sèche humide pour entamer la phase d’aménagement flottant. Son avancement reste en retard par rapport au Glasgow, avec des installations majeures et des travaux d’intégration des systèmes toujours en cours.
Le programme de construction des frégates Type 26 sur la Clyde a connu une expansion constante depuis la découpe du premier acier pour le HMS Glasgow en juillet 2017. BAE Systems a considérablement investi dans les infrastructures, notamment dans la Janet Harvey Hall à Govan, qui permet d’assembler simultanément deux coques de Type 26 à l’abri des intempéries. Cet effort vise à réduire la durée de construction, qui devrait passer de 96 mois pour la première unité à environ 60 mois pour la huitième, avec une diminution de l’intervalle entre chaque navire de 18 à 12 mois.
Le HMS Glasgow doit entamer ses essais en mer sous contrat avant la fin de l’année 2026. Les derniers rapports indiquent en effet un glissement du calendrier initial, repoussant le lancement des essais à décembre 2026 voire début 2027. Après la fin des essais et la livraison à la Royal Navy, le bâtiment effectuera une phase de préparation opérationnelle et d’essais réalistes d’armes sous direction royale, avec une pleine capacité opérationnelle prévue en 2028. La série complète de huit frégates entrera en service entre 2028 et 2035, chaque unité remplaçant un des actuels bâtiments de Type 23 affectés à la lutte anti-sous-marine.
Les six autres frégates de la classe – HMS Belfast, HMS Birmingham, HMS Sheffield, HMS Newcastle, HMS Edinburgh et HMS London – sont à différents stades de construction dans les chantiers BAE Systems de Govan et Scotstoun. Les trois premières restent à Govan, tandis que les approvisionnements à long terme ont été lancés pour le HMS Newcastle.
Cette semaine, le ministre britannique de la Défense Readiness and Industry, Luke Pollard, a confirmé devant le Parlement que le programme respectait toujours les objectifs fixés et que l’ensemble des huit navires seraient livrés selon le calendrier prévu, avec des mises en service débutant à la fin des années 2020.
Le design Type 26 est également devenu la plateforme de référence pour plusieurs marines alliées. La Norvège a sélectionné cette conception britannique en 2025 dans le cadre d’un contrat de 10 milliards de livres pour au moins cinq bâtiments. L’Australie construit six navires de la variante Hunter, tandis que le Canada prévoit de mettre en service quinze destroyers River class du même type. Avec les huit unités britanniques, cela porte à environ 34 le total des frégates Type 26 planifiées ou en construction, faisant de cette classe un élément clé des forces navales alliées pour les prochaines décennies.
La mission principale de ces frégates est la lutte anti-sous-marine. Leur coque silencieuse, le système sonar avancé et leur faible signature acoustique répondent aux exigences rigoureuses de détection des sous-marins modernes. Ces bâtiments assureront surtout la protection de la dissuasion nucléaire britannique en permanence en mer et du groupe de porte-avions, tout en participant aux groupes navals permanents de l’OTAN et à la force conjointe Royaume-Uni-Norvège mise en place dans le cadre de l’Accord Lunna House. Leur « mission bay », située à mi-navire, permettra le déploiement de systèmes sans équipage de surface et sous-marins, de marines royaux embarqués, ainsi que d’une large palette de charges utiles, complémentaires à leur équipement principal de lutte anti-sous-marine.
Précisons que les images ont été prises à bord d’un vol en approche de l’aéroport de Glasgow, et non par drone, ce qui pourrait intéresser les amateurs de photographie aérienne navale.