Les débats sur la politique nucléaire sont à leur meilleur lorsqu’ils soulèvent des questions difficiles sur le risque, la dissuasion et la nécessité militaire. Ils deviennent problématiques lorsqu’ils se réduisent à un simple affrontement de mauvaise foi. En 2018, à l’issue d’un processus rigoureux de révision stratégique, la Revue de Posture Nucléaire menée sous l’administration Trump mettait en lumière le besoin de capacités nucléaires complémentaires à faible rendement, destinées à enrichir l’arsenal nucléaire américain. L’objectif affiché était d’élever le seuil nucléaire chez les adversaires, qui pourraient croire pouvoir utiliser les armes nucléaires de façon limitée pour escalader un conflit conventionnel défaillant ou en échec.
Pour répondre à cette préoccupation, la Revue de 2018 préconisait l’introduction de deux capacités nucléaires supplémentaires à faible rendement : un missile balistique lancé depuis un sous-marin et un missile de croisière nucléaire lancé depuis la mer. Les États-Unis ont ensuite mis en service la charge nucléaire à faible rendement du missile balistique sous-marin, désignée W76-2. Bien que l’administration Biden ait annulé le missile de croisière nucléaire, le Congrès en 2024 a décidé de rétablir ce programme en demandant au Département de la Défense de poursuivre son développement. Plus récemment, un responsable du Pentagone en charge de la politique de dissuasion nucléaire a souligné l’importance de telles options nucléaires à portée opérative, précisant que le missile nucléaire de croisière lancé en mer n’est que « un exemple ».
Dans ce contexte, Jay Tilden, dans un article récent, avance que les partisans des capacités nucléaires complémentaires à faible rendement créeraient de toutes pièces des « fuites imaginaires » dans la dissuasion nucléaire. Selon lui, le lien entre un prétendu défaut de dissuasion et le besoin d’armes nucléaires additionnelles relèverait d’une construction artificielle, reflétant plus un « biais normatif » qu’une véritable carence opérationnelle. Les États-Unis disposeraient déjà de moyens suffisants pour dissuader ou répondre à une utilisation nucléaire limitée, et les anciens responsables qui exposent publiquement les vulnérabilités américaines porteraient préjudice au pays.
Ayant travaillé plus de seize ans au Bureau du Sous-secrétaire à la Défense pour la Politique — dont douze comme directeur de la Politique de Dissuasion Nucléaire — je considère cette analyse comme inexacte, trompeuse et injuste. Mon équipe et moi avons coordonné, piloté, rédigé et publié les Revues de Posture Nucléaire de 2018 et 2022 pour la haute direction. J’ai personnellement vu comment ces décisions ont été prises et comment les analyses sous-jacentes ont été menées.
Les débats sur la nécessité de telle ou telle capacité nucléaire restent légitimes et attendus. Pourtant, M. Tilden, dont les compétences portaient alors sur la non-prolifération et la sécurité des armes nucléaires, n’a pas participé aux discussions de dissuasion qui ont conduit à ces recommandations en 2018. En contestant les conclusions de cette époque et en insinuant de mauvaises motivations chez les anciens responsables actuels, il déforme la réalité. Le dossier historique — ainsi que mon expérience directe — raconte une tout autre histoire.
Le fossé est réel, et la réponse appropriée
À sa décharge, M. Tilden admet que la Russie et la Chine disposent de systèmes nucléaires tactiques, et reconnaît que des capacités américaines de contrebalancement seraient opérationnellement utiles. Toutefois, il minimise les risques que représentent ces forces adverses pour la posture américaine et alliée, et argue que les armes nucléaires supplémentaires à faible rendement sont inutiles et relèvent d’une anxiété injustifiée. Pour réfuter son propos, il faut replacer les choses dans leur contexte historique.
Les efforts de l’administration Obama pour réduire le rôle des armes nucléaires dans la stratégie américaine ont permis certains progrès, comme le traité New START signé en 2010 avec la Russie et une stratégie nucléaire révisée en 2013. Mais ces avancées ont été rapidement freinées par le refus russe d’approfondir la réduction des armes stratégiques, la violation russe du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (INF), ainsi que l’annexion illégale de la Crimée et l’intervention russe dans l’est de l’Ukraine. Dans ce contexte, les services de politique, militaires et renseignement américains ont observé que la Russie envisageait l’utilisation précoce d’armes nucléaires tactiques dans un conflit localisé avec l’OTAN. Sur ce terrain, la Russie dispose encore d’un avantage significatif en nombre et en diversité des systèmes nucléaires à portée tactique.
Face à cela, l’administration Trump a lancé une révision stratégique dès son entrée en fonction, aboutissant en 2018 à sa Revue de Posture Nucléaire. Elle concluait notamment que les puissances nucléaires rivales — et en particulier la Russie — développaient et déployaient un éventail de forces nucléaires à faible rendement, de portées et de vecteurs variés, dans le cadre de stratégies d’escalade coercitive susceptibles de menacer les États-Unis et leurs alliés.
Dans les conflits régionaux où les États-Unis disposent d’une supériorité conventionnelle, ces capacités adverses pourraient représenter un avantage en cas de menace d’escalade nucléaire destinée à faire pression sur les États-Unis et leurs alliés, notamment dans un scénario où les États-Unis manqueraient de moyens pour répondre de façon proportionnée et rapide à un usage nucléaire limité. L’ancien secrétaire à la Défense, Jim Mattis, qualifiait cette évolution de « préoccupante » dans la préface de la Revue de 2018.
De là, la Revue estimait qu’en cas d’échec de la dissuasion nucléaire dans un conflit régional, le président américain ne disposerait pas d’options suffisantes pour atteindre les objectifs des États-Unis, incluant la restauration de la dissuasion sans recours à un échange stratégique complet. En résumé, dissuader ou répondre au mieux à une menace nucléaire limitée exige des options de riposte crédibles et proportionnées, dont les États-Unis manquaient à l’époque. D’où la décision de développer la charge W76-2 et le missile de croisière nucléaire lancé en mer. Faisant écho à ces constats, le président russe Vladimir Poutine a récemment affirmé lors du Forum économique de Saint-Pétersbourg (juin 2026) que les Européens sont « plus ou moins sans défense » face aux armes nucléaires tactiques russes.
Quant au missile de croisière, la trajectoire du programme a évolué depuis 2018, mais M. Tilden critique globalement les partisans de ces armes à faible rendement comme porteurs d’un simple idéal personnel et non d’une solution opérationnelle. Selon lui, ils surestiment les notions de proportionnalité et de rapidité d’emploi alors que les États-Unis disposent de suffisamment d’options pour répondre à une attaque nucléaire non stratégique. Cette analyse reste toutefois superficielle.
Effectivement, la rapidité d’intervention et la proportionnalité sont des considérations opérationnelles majeures, même si leur mise en relation avec le droit international humanitaire dans ce contexte, telle que Tilden la propose, s’avère inappropriée, comme l’explique Brad Clark dans un article publié en 2025. Mais cantonner le débat à cet aspect est un leurre facilement réfuté. La liste des critères opérationnels est bien plus large, à la fois dans les échanges publics et dans les cercles classifiés.
Greg Weaver, ancien adjoint au directeur de la stabilité stratégique au sein de l’état-major interarmées américain, a détaillé en 2025 les limites des forces nucléaires théâtrales américaines et justifié l’importance de leur renforcement. Il a identifié plusieurs caractéristiques essentielles pour ces systèmes : capacité de survie avec un temps de préparation court (quelques heures), déploiement continu en Europe et en Asie, charges nucléaires avec divers rendements et options de mise à feu, capacité de frappe rapide, forte probabilité de pénétrer les défenses adverses même lors d’attaques limitées, efficacité contre toute typologie de cibles utiles à la stratégie américaine, et contribution à l’amélioration du tampon technique et à la conformité avec les exigences de ciblage stratégique.
Sans reprendre tout en détail, il est utile d’illustrer ces impératifs à travers l’exemple des avions à double capacité nucléaires-américains et alliés en Europe. Depuis soixante ans, ces avions constituent le pilier de la posture de dissuasion et de défense de l’OTAN. Exploités par les États-Unis et quelques alliés, ils sont conçus pour larguer des bombes nucléaires stratégiques en Europe.
En cas de conflit, par exemple une incursion russe dans les pays baltes, plusieurs semaines ou mois d’opérations conventionnelles sont à prévoir avant d’approcher le seuil nucléaire. Durant cette phase, les bases aériennes, ainsi que les dépôts d’armes nucléaires, peuvent être visés par des frappes conventionnelles, affaiblissant les moyens aéronautiques et les armes nécessaires. De plus, la majorité de ces avions effectuent aussi des missions conventionnelles, pouvant engendrer des pertes humaines et matérielles. L’efficacité des défenses aériennes et antimisiles russes demeure incertaine, tout comme la capacité des avions à accomplir leurs missions décisives en cas d’escalade.
Cet exemple illustre bien la nature des enjeux opérationnels débattus dans la Revue de 2018 et dans les stratégies connexes. Compte tenu du risque existentiel que représente la guerre nucléaire, et des implications pratiques à court terme d’armes comme les avions dual-capables, il y a des raisons légitimes d’envisager l’ajout de capacités nucléaires régionales complémentaires au sein de l’arsenal américain.
Le processus de la Revue de Posture Nucléaire a évité la surenchère
M. Tilden néglige par ailleurs les mécanismes de contrôle intégrés dans les Revues de 2018 et 2022 qui ont précisément évité l’inflation des menaces qu’il dénonce et rejeté les simples analyses normatives dont il parle.
Premièrement, ces revues furent très inclusives, réunissant tous les acteurs concernés : le Bureau du secrétaire à la Défense, l’état-major interarmées, les commandements opérationnels, les branches militaires, ainsi que d’autres agences dont l’Administration nationale de la sécurité nucléaire (NNSA) où travaillait M. Tilden. Ces acteurs étaient représentés par des experts hauts gradés, assurant une pluralité de points de vue, autant institutionnels que bureaucratiques. Les hypothèses et conclusions discutées ont donc été fortement challengées.
Deuxièmement, chaque revue débutait par une analyse approfondie des informations de renseignement relatives aux acteurs clés dans le domaine nucléaire. Une compréhension commune de la menace est indispensable avant d’ajuster une stratégie ou de décider des capacités nécessaires. Les agences du renseignement ont participé et les désaccords ont été traités par des briefings complémentaires jusqu’à parvenir à un consensus. Il n’y a pas eu de sélection partiale des données.
Troisièmement, les questions stratégiques et de capacités à adopter n’ont été débattues qu’après validation de la menace. Ces discussions, bien que classifiées, étaient ouvertes et transparentes entre participants, qui pouvaient soulever toutes leurs préoccupations, excluant ainsi tout biais indu.
Enfin, après ces échanges, des recommandations précises étaient adressées aux responsables politiques, qu’il s’agisse du secrétaire à la Défense, d’autres décideurs inter-agences, ou finalement du président des États-Unis. Ces décisions formalisées faisaient ensuite partie intégrante du document final de la Revue, qui était lui-même examiné en coordination étroite au sein du Pentagone et des agences associées, assurant ainsi un dernier niveau de contrôle. Ce processus a offert à toutes les parties prenantes, y compris la NNSA de M. Tilden, la possibilité de s’opposer aux conclusions si nécessaire.
En résumé, ce processus rigoureux prouve que les accusations d’exagération de la menace et de préconisations artificielles ne tiennent pas. M. Tilden est libre de contester les préconisations, mais affirmer qu’elles relèvent de l’imagination ou de la manipulation est infondé.
Des revues multiples, des conclusions convergentes
M. Tilden ne peut ignorer que trois comités d’évaluation indépendants, ainsi que le Congrès américain, ont abouti à des conclusions remarquablement similaires. La Revue de 2022 sous l’administration Biden soulignait le même défi fondamental que celle de 2018 :
« Nous devons être capables de dissuader une agression conventionnelle qui pourrait escalader vers un usage nucléaire à n’importe quelle échelle. La Russie constitue le cas le plus évident aujourd’hui, compte tenu de ses arsenaux nucléaires régionaux beaucoup plus nombreux et de la possibilité qu’elle utilise ces forces pour tenter de gagner une guerre en périphérie ou éviter la défaite dans une guerre conventionnelle. Dissuader un usage nucléaire russe limité dans un conflit régional est une priorité élevée pour les États-Unis et l’OTAN. »
Si la Revue de 2022 a choisi d’annuler le missile de croisière nucléaire lancé en mer, elle a considéré que les capacités américaines à faible rendement restaient essentielles pour dissuader des attaques nucléaires régionales et contrer la coercition nucléaire. Elle a maintenu la charge W76-2 dans l’arsenal, précisant qu’elle « constitue actuellement un moyen important de dissuader l’usage nucléaire limité ». En 2024, le président Joseph Biden a confirmé dans sa stratégie d’emploi nucléaire l’importance de capacités adaptées à la dissuasion et à la riposte à une utilisation nucléaire limitée, dans une optique de gestion favorable de l’escalade.
Le rapport bipartisan de la Commission sur la Posture Stratégique de 2023 a également identifié ce défi. Il a recommandé une modification urgente de la posture des forces nucléaires théâtrales américaines, afin d’offrir « une gamme d’options nucléaires efficaces militairement pour dissuader ou contrer un usage nucléaire limité de la Chine ou de la Russie ». Notons que cette commission n’était pas liée aux hypothèses ou conclusions des administrations précédentes, ni à leurs solutions proposées, mais elle a malgré tout abouti à un jugement similaire.
Tilden prend l’annulation par Biden du missile de croisière comme preuve d’une préférence fantaisiste des partisans d’armes à faible rendement, mais la réalité est tout autre. D’une part, la Revue atteste d’un processus sérieux où des questions majeures furent débattues de façon rigoureuse, aboutissant en 2018 et 2022 à des solutions différentes mais défendables. Ce n’est pas de l’imagination, mais le fruit d’un examen bureaucratique et interinstitutions sain. D’autre part, en 2024, le Congrès a annulé la décision de l’administration Biden en ordonnant la remise en route d’un programme officiel de missile nucléaire de croisière lancé en mer — programme en cours aujourd’hui.
Ainsi, loin de s’agir d’une simple préférence normative, une large palette de professionnels de la dissuasion et de la sécurité nationale a examiné, sur plusieurs années et dans divers enceintes, l’environnement sécuritaire et les capacités adverses. Ils ont évalué si les moyens américains suffisaient pour dissuader ou, en cas d’échec, remporter les objectifs à travers l’éventail des conflits possibles. Il est déraisonnable d’affirmer que deux Revues de Posture présidentielle, une commission bipartite et le Congrès aient tous été victimes d’un « fossé imaginaire » et aient fabriqué le besoin de capacités nucléaires régionales complémentaires.
Les anciens responsables ont le droit et le devoir de s’exprimer
Un aspect particulièrement regrettable des critiques de M. Tilden est son attaque envers les anciens responsables gouvernementaux qui défendent publiquement le renforcement des capacités nucléaires théâtrales. Il prétend qu’ils affaiblissent la position stratégique des États-Unis ou, pire, qu’ils seraient motivés par des intérêts institutionnels pour déformer la réalité.
M. Tilden a raison de souligner la nécessité pour les décideurs et anciens fonctionnaires de mesurer leurs propos afin d’éviter la création de menaces exagérées ou des pressions d’achat indues. Ces anciens responsables, d’ailleurs, partageraient cette prudence. Mais faut-il pour autant qu’ils se taisent ?
Au contraire, la tradition américaine valorise la contribution des anciens hauts fonctionnaires au débat public sur la défense, la stratégie militaire et la structure des forces. Ces experts cumulent souvent plusieurs décennies d’expérience au sein des services gouvernementaux, des commandements opérationnels, des agences de renseignement et du domaine de la planification stratégique. Leur savoir-faire est précieux pour évaluer les menaces émergentes et informer législateurs, médias et population sur l’état de préparation du pays. Cette expertise est d’autant plus cruciale dans le domaine nucléaire, où la connaissance approfondie et la prudence résultent d’une vie consacrée à limiter le risque d’une guerre nucléaire.
Or, Tilden utilise ses arguments à double tranchant : il dénonce un prétendu fossé imaginaire tout en critiquant ceux qui dénoncent ce fossé comme nuisibles à la sécurité nationale. Il ne peut tenir ces deux positions simultanément. Au contraire, les anciens responsables rendent un service public important en alertant sur des dangers naissants, et un débat ouvert aide les décideurs et le public à comprendre les enjeux et à prioriser les ressources.
Un exemple historique marquant est celui de Winston Churchill. Hors de tout mandat gouvernemental dans les années 1930, il alertait régulièrement sur la réarmement nazi et le manque de préparation britannique. Ses avertissements furent jugés alarmistes, voire politisés. Pourtant, son courage à dénoncer une menace stratégique croissante a alimenté un débat national qui s’est révélé essentiel rétrospectivement.
La leçon n’est pas que les anciens responsables ont toujours raison, mais que les sociétés démocratiques gagnent à ce que les experts expérimentés puissent remettre en cause les idées reçues et alerter sur des risques sans que leurs motivations soient suspectées à tort. Il serait irresponsable que des responsables actuels ou anciens taisent des menaces existentielles potentielles.
Certes, la question se pose de savoir si ces débats ne donnent pas un avantage à des adversaires. Ma réponse est négative pour plusieurs raisons. D’abord, la Chine et la Russie sont des compétiteurs militaires sophistiqués, bien informés des dossiers américains (stratégies de ciblage, posture des forces, etc.) via leurs propres évaluations et des forums ouverts comme ceux liés au Traité de non-prolifération nucléaire. Ensuite, l’effort colossal de modernisation du arsenal nucléaire américain, estimé à près d’un trillion de dollars sur dix ans, requiert que le Congrès comprenne publiquement les besoins, afin de justifier les budgets à la population. Des auditions annuelles devant le Congrès permettent d’exposer ces sujets sans secret. Enfin, les États-Unis ont pour tradition de diffuser des rapports déclassifiés au public et au Parlement et d’assouplir la classification des documents, car la politique nucléaire américaine actuelle repose davantage sur la continuité que sur des ruptures.
Heureusement, nous vivons dans une démocratie où cette transparence et ces débats ne sont pas des failles, mais le signe d’un système qui fonctionne. Un débat fondé sur les faits doit être encouragé.
Il se peut que M. Tilden utilise ces reproches à des fins rhétoriques. Les anciens détenteurs de habilitations de sécurité ont une obligation à vie de protéger les informations classifiées. Certains peuvent encore intervenir dans des dossiers sensibles ou être soumis à des règles d’éthique sur les conflits d’intérêt après leur départ du gouvernement. Mais mis à part des insinuations vagues et un langage imagé — évoquant un « cercle vicieux » — M. Tilden ne fournit aucune preuve tangible pour étayer des accusations aussi graves.
En définitive, rien dans ces discussions et décisions n’a été imaginé ou fabriqué. Et les anciens responsables qui défendent publiquement la nécessité de capacités nucléaires à faible rendement rendent un service précieux. M. Tilden est invité à participer au débat, mais celui-ci doit reposer sur des faits et la vérité, et non sur des insinuations visant à discréditer les opinions contraires. Le débat mérite mieux.
Conclusion
Les avis pourront diverger sur les capacités nucléaires que les États-Unis doivent déployer face aux défis sécuritaires du XXIe siècle. Mais cette divergence n’est pas au cœur du débat ici. Le dossier est clair : deux revues de posture présidentielle, une commission bipartite, le Congrès et des professionnels expérimentés ont examiné le même environnement stratégique et identifié le même défi fondamental. Ils n’ont pas nécessairement préconisé les mêmes réponses, mais leurs conclusions sont remarquablement similaires. Les qualifier d’imaginaires, controuvées ou intéressées n’est qu’une assertion sans fondement. Face à l’évolution rapide du paysage nucléaire, les États-Unis ont besoin de débats sérieux et approfondis sur la dissuasion. Les enjeux sont trop élevés pour s’en passer.
Paul Amato est l’ancien directeur de la Politique de Dissuasion Nucléaire au Bureau du Sous-secrétaire à la Défense pour la Politique, où lui et son équipe ont dirigé le développement et la publication des Revues de Posture Nucléaire de 2018 et 2022. Retraité en 2025 après plus de seize ans dans la politique de sécurité nationale, il a également servi vingt-huit ans dans les Marines américains en tant qu’officier d’infanterie. Avant sa carrière gouvernementale, il était avocat dans le secteur privé. Les propos exprimés sont les siens.
Crédit image : Petty Officer 1st Class Ronald Gutridge via DVIDS