Un nouveau rapport de DroneShield met en lumière des lacunes majeures dans la sécurité anti-drones des aéroports et infrastructures critiques
Une étude récente révèle que les activités non autorisées de drones dépassent largement le stade de menace théorique, affectant les aéroports internationaux, les autorités de l’aviation, les établissements pénitentiaires et les gestionnaires de ports en Amérique du Nord, en Europe, en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient.
DroneShield, acteur mondial de premier plan dans les technologies de lutte anti-drones, publie les résultats de son rapport Airspace Under Pressure: A Global Assessment of Counter-UAS Readiness Across Airports and Critical Infrastructure, basé sur les réponses directes de plus de vingt opérateurs d’aéroports et d’infrastructures critiques à travers le monde.
Les principaux constats sont les suivants :
- Les lacunes en matière de détection sont systémiques et graves : 70 % des répondants identifient des déficits dans les capacités de détection comme un obstacle majeur à l’efficacité des opérations anti-UAS (systèmes aériens sans pilote).
- Les contraintes réglementaires et juridiques freinent aussi la lutte anti-drones : 60 % des participants déclarent ne pas disposer des autorisations légales nécessaires pour engager des mesures directes contre les drones non autorisés, même lorsque la menace pour la sécurité est évidente et immédiate. D’autres freins évoqués incluent la complexité de l’intégration des systèmes (48 %) ainsi que la formation et la préparation du personnel (35 %).
Les organisations ont été aussi interrogées sur leurs objectifs opérationnels en matière de lutte anti-drones :
- Combinaison complète (prise de conscience, détection, suivi, réaction) : 57 %
- Axé sur la détection seule (partielle) : 13 %
- Seulement prise de conscience : 13 %
- Plan non défini ou inexistant : 17 %
Ce dernier chiffre révèle un problème structurel critique : un écart important entre les intentions affichées par les organisations et les capacités opérationnelles réellement déployées.
Plus spécifiquement, les 17 % d’organisations sans plan anti-UAS formalisé représentent un risque aigu, car elles seront amenées à gérer leur premier incident drone sans procédures établies, sans schéma clair d’escalade et sans connaissance situationnelle de base pour agir efficacement.
« Le principal défi en matière de lutte anti-drones en 2025 n’est pas la sensibilisation à la menace, mais la capacité à transformer cette sensibilisation en actions coordonnées, autorisées et en temps réel », explique Tom Adams, directeur de la sécurité publique chez DroneShield. « Seule la technologie ne suffit pas à combler cet écart. La réforme réglementaire et l’intégration opérationnelle doivent progresser simultanément. »
Le fossé de maturité en préparation opérationnelle
Le rapport introduit un cadre d’évaluation de la maturité de préparation, classant les répondants selon deux axes : maturité des objectifs et capacité opérationnelle.
La majorité des opérateurs enquêtés se répartissent dans deux quadrants :
- Quadrant Préparé : 13 organisations possèdent des objectifs opérationnels définis et des capacités anti-UAS modérées.
• Ce groupe regroupe principalement de grands aéroports et gestionnaires d’infrastructures critiques ayant investi dans la problématique et mis en place des cadres structurés. Toutefois, même dans ce groupe, des lacunes persistent. Ce positionnement reste relatif et ne garantit pas un niveau adéquat. - Quadrant Partiel : 5 organisations ont des objectifs en place, mais leurs capacités ne suivent pas les défis auxquels elles sont confrontées.
• Ces opérateurs prennent un risque spécifique : ils ont des plans qu’ils ne peuvent pas mettre en œuvre avec les moyens et l’autorité dont ils disposent. - Quadrant Exposé : Une minorité significative (3 organisations) se trouve dans ce quadrant : objectifs non définis, capacités minimales, absence de cadre formalisé.
• Ces acteurs présentent le risque le plus élevé d’avoir à gérer réactivement un incident drone majeur, sans procédures établies et avec des conséquences difficiles à anticiper ou maîtriser.
Au global, ce rapport souligne que la différence majeure dans les années à venir tiendra à la capacité des organisations à combler ces lacunes de manière proactive, avant qu’un incident ne les contraigne à une gestion de crise non planifiée, souvent sous forte pression et aux résultats incertains.