Les États-Unis ont informé le Congrès de leur intention de vendre à la Turquie plus de 700 millions de dollars de moteurs General Electric F110, malgré les réticences de certains législateurs concernant les systèmes de défense aérienne russes S-400 déployés par Ankara. Cette décision vise à soutenir le programme de chasseur Kaan, qui repose actuellement sur ces moteurs pour ses prototypes.
Une première livraison de dix moteurs avait eu lieu en 2025, et la Turquie cherche désormais à acquérir 80 moteurs supplémentaires pour son avion de combat national. Selon une notification du Département d’État, citée par Reuters, « le gouvernement américain est prêt à autoriser l’exportation de ces équipements, ayant pris en compte des considérations politiques, militaires, économiques, relatives aux droits de l’homme et au contrôle des armements ».
Cette notification apparaît à l’approche du sommet de l’OTAN qui se tiendra en Turquie les 7 et 8 juillet, dans un contexte d’efforts accrus pour renforcer les relations entre Washington et Ankara. Toutefois, cette démarche ne correspond pas à l’objectif plus large de la Turquie, qui souhaite réintégrer le programme de l’avion de chasse F-35.
Le Congrès dispose de quinze jours pour proposer une résolution conjointe de rejet afin de bloquer la vente. Cette mesure devra être adoptée par les deux chambres avant d’être soumise au président des États-Unis, qui pourrait opposer son veto.
Un programme Kaan en pleine progression
Actuellement, le programme Kaan dépend des moteurs F110 importés, tandis que la Turquie développe son propre moteur indigène TEI-TF35000, envisagé comme un remplacement à long terme. Ce moteur devrait être intégré au chasseur Kaan d’ici 2032, avec une maturité complète prévue pour 2036.
Parallèlement, Ankara prévoit de commencer la livraison d’une première série de 20 chasseurs Kaan furtifs d’ici 2030. Conçu pour des missions de supériorité aérienne et de frappes de précision, ce biréacteur combine des caractéristiques furtives, des capteurs avancés et des capacités réseau-centric.
L’appareil est destiné à remplacer la flotte de F-16 de l’aviation turque à partir de la fin des années 2020. Il est également présenté à plusieurs clients potentiels à l’exportation, notamment l’Espagne, l’Arabie saoudite et l’Indonésie.