Le ministère de la Défense britannique investira 790 millions de livres sterling au cours des quatre prochaines années pour renforcer les capacités du Royaume-Uni en matière de défense contre les menaces aériennes, les drones et les missiles, aussi bien sur le territoire national que dans ses bases à l’étranger. Cette enveloppe financera l’acquisition de nouveaux radars et capteurs ainsi que la réorganisation des moyens de détection et de neutralisation de ces menaces, selon le gouvernement qui présente ce dispositif dans le cadre de son Plan d’investissement en matière de Défense.
Ce programme, dévoilé mardi, vise à révolutionner le commandement et le contrôle de la défense aérienne du territoire, qui consiste à détecter une menace entrante, décider des mesures à prendre et orienter une arme pour l’intercepter. En complément des nouveaux radars et capteurs, le gouvernement prévoit d’élargir ses systèmes de lutte anti-drones et de créer un nouveau Centre intégré d’opérations de défense aérienne, spatiale et antimissile, chargé de centraliser l’ensemble des informations afin d’offrir une vue d’ensemble des menaces.
Parmi les mesures spécifiques, figure la modernisation de Sea Viper, le système de missiles de défense aérienne embarqué sur les six destroyers de type 45 de la Royal Navy, qui garantit la capacité de défense aérienne de haute intensité de la flotte, malgré la décision de ne pas prolonger l’exploitation de ces bâtiments au-delà du milieu de la décennie. Le plan finance également le développement des armes à énergie dirigée, notamment des lasers de haute puissance envisagés comme une solution économique pour abattre les drones. L’ensemble de ces efforts vise à protéger les sites fixes et bases contre les attaques massives par drones et missiles, qui représentent désormais un mode opératoire marquant du conflit en Ukraine.
Selon le gouvernement, cet investissement traduit la prise de conscience croissante que le Royaume-Uni ne peut plus considérer ses bases nationales comme des sanctuaires inviolables. Le Premier ministre a d’ailleurs alerté sur le fait que des États étrangers ciblent déjà le pays, via des actes de sabotage urbains ou la présence de navires russes à proximité des câbles sous-marins cruciaux pour le fonctionnement des réseaux de données modernes. La superposition de radars, de capteurs, de systèmes anti-drones et d’un centre opérationnel intégré ambitionne de combler les vulnérabilités apparues face à la diversification des menaces. Le Chef d’état-major des armées, Air Chief Marshal Sir Rich Knighton, a déclaré que ce plan définissait comment le pays allait « construire la force intégrée dont la nation a besoin ».