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Lors des prochaines semaines, un croiseur de missiles guidés de la classe Ticonderoga, anciennement l’USS Mobile Bay (le septième de sa série), sera coulé par des forces alliées dans l’océan Pacifique lors des exercices militaires internationaux RIMPAC, selon des sources officielles.

Un autre navire de grande envergure, le bâtiment de transport amphibie de la classe Tarawa, anciennement l’USS Peleliu (LHA-5), sera également détruit par un tir ami. Ces deux cibles, très différentes l’une de l’autre, donneront lieu à deux exercices SINKEX (Sink Exercise) particulièrement intéressants. Ces événements se dérouleront pendant la 30e édition biennale de l’exercice maritime Rim of the Pacific (RIMPAC).

Débuté le 24 juin 2026 et s’étendant jusqu’au 31 juillet, le RIMPAC n’a pas encore communiqué la date précise ni la méthode de coulage de ces navires. Le SINKEX, phase finale emblématique de chaque RIMPAC, consiste à couler un navire retiré du service afin de tester divers armements et entraîner les équipages.

USS Mobile Bay en mer
Le croiseur à missiles guidés USS Mobile Bay (CG 53) en mer, le 5 février 2019.

L’USS Mobile Bay a été désarmé en 2023. Un an plus tard, il a été décidé qu’il ne remplissait pas les critères pour être inscrit au Registre national des lieux historiques, scellant ainsi son sort.

Entré en service le 27 février 1987, ce croiseur a participé à plusieurs opérations majeures durant ses 36 années de carrière : évacuation de l’ambassade des États-Unis à Beyrouth en 1989, lancement de 22 missiles de croisière Tomahawk lors de l’opération Tempête du Désert, évacuation massive autour du mont Pinatubo aux Philippines en 1991 dans le cadre de l’opération Vigilant Warrior, saisie d’une importante quantité de cocaïne en mer, ainsi que des frappes de missiles Tomahawk lors de l’opération Liberté irakienne en 2003.

Le mode d’attaque qui sera utilisé pour couler l’USS Mobile Bay reste inconnu. Ces exercices sont l’occasion de mettre à l’épreuve un large éventail de systèmes d’armes allant des torpilles et missiles anti-navires aux armes d’artillerie et frappes aériennes pour maximiser les dommages sur la coque du navire désarmé.

Par exemple, lors d’un exercice SINKEX récent, un bombardier B-2A Spirit de l’US Air Force avait tiré un missile antinavire à longue portée AGM-158C LRASM sur l’ex-USS Juneau durant l’édition 2026 de l’exercice Valiant Shield en Océan Pacifique occidental.

L’USS Mobile Bay, qui avait participé à RIMPAC 2022, fait partie des quatre croiseurs de la classe Ticonderoga destinés à être recyclés par le biais d’exercices de coulage. Outre l’USS Mobile Bay, les ex-USS Vella Gulf, Antietam et Port Royal seront également coulés selon les registres de l’US Navy.

Le premier Ticonderoga à avoir subi ce sort fut l’ex-USS Valley Forge, coulé lors d’une session de tir en novembre 2006 à Hawaï.

Ces croiseurs sont équipés de missiles Tomahawk pour l’attaque terrestre (TLAM), jouent un rôle clé dans la défense aérienne et antimissile, et fonctionnent comme plateformes de commandement. Ils disposent aussi de missiles anti-navires Harpoon et emportent des hélicoptères MH-60R Sea Hawk pour des missions anti-sous-marines.

Construites dans les années 1980 et au début des années 1990, ces unités constituent le socle des capacités aériennes d’un groupe de combat porté par un porte-avions.

Plusieurs croiseurs Ticonderoga sont encore en service dans la Marine américaine. Environ six d’entre eux seront retirés dans les prochaines années, tandis que les USS Gettysburg, Chosin et Cape St. George ont été modernisés ou achèvent leur modernisation. Ces derniers devraient cesser leur activité à la fin de la décennie.

USS Gettysburg
Le croiseur USS Gettysburg.

La marine américaine présente le RIMPAC 2026 comme le plus grand exercice de ce type jamais organisé.

USS Peleliu
Le bâtiment d’assaut amphibie USS Peleliu (LHA-5) en mer, dans le cadre du groupe d’assaut amphibie Peleliu (PELARG).

« Trente nations, plus de 30 navires de surface, cinq sous-marins, 15 forces terrestres nationales, plus de 206 aéronefs et 30 000 militaires s’entraîneront et opéreront autour des îles hawaïennes pendant l’exercice », a indiqué la marine américaine dans un communiqué. « RIMPAC offre une opportunité unique d’entraînement tout en favorisant et en maintenant la coopération entre les participants, essentielle pour garantir la sécurité des routes maritimes et la stabilité dans toute la région ».