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Le Royaume-Uni envisage de relancer une filière nucléaire domestique dédiée au combustible des réacteurs de défense, soutenue par un investissement de 1,7 milliard de livres dans le cadre d’un nouveau programme appelé « Nuclear Fuels Programme ». Ce projet a été confirmé dans le plan d’investissement de la Défense.

Ce plan s’engage à « établir un programme nucléaire pour explorer les options de rétablissement d’un cycle de combustible nucléaire pour les réacteurs de défense ». Le ministère britannique de la Défense le présente comme un élément essentiel d’une transformation de l’Entreprise Nucléaire de Défense à une échelle et une cadence sans précédent.

Le document souligne que « pour la première fois, nous construisons simultanément de nouveaux sous-marins d’attaque, de nouveaux sous-marins lanceurs d’engins, de nouvelles ogives et de nouvelles infrastructures, tout en lançant également un nouveau programme de combustible nucléaire. Il s’agit d’un effort national impliquant les gouvernements central et locaux, l’industrie et le monde universitaire travaillant ensemble pour mener à bien ces programmes vitaux ».

Le combustible des réacteurs qui équipent la flotte de sous-marins de la Royal Navy repose sur de l’uranium hautement enrichi. La volonté de rétablir une filière domestique vise à sécuriser à long terme l’approvisionnement, d’autant plus que la force sous-marine britannique se développe. Les capacités de fabrication des cœurs de réacteur à Raynesway, près de Derby, sont en cours d’extension pour produire les cœurs des futurs sous-marins d’attaque, construits dans le cadre du partenariat AUKUS pour les marines britannique et australienne. Jusqu’à 12 navires de classe SSN-AUKUS sont prévus pour la Royal Navy, avec la coupe de la première tôle attendue dès l’année prochaine.

Parallèlement, les infrastructures de soutien sont réorganisées. Le plan confirme l’acquisition de trois docks flottants et d’équipements supplémentaires à Faslane, « permettant une ingénierie résiliente hors de l’eau pour toutes les classes de sous-marins ». La base navale de Clyde fait l’objet d’un programme pluri-décennal et pluri-milliardaire visant à améliorer les conditions de travail et à garantir la préparation opérationnelle des flottes Dreadnought et SSN-AUKUS. Le programme d’infrastructures de Devonport modernise les docks et investit dans le recyclage des sous-marins.

Les dépenses consacrées à l’Entreprise Nucléaire de Défense s’élèveront à 63,6 milliards de livres sur les quatre prochaines années, hors coûts de personnel. Parmi celles-ci, 47 milliards sont alloués aux sous-marins (entretien et infrastructures inclus), 13 milliards au programme des ogives, et 290 millions aux compétences nucléaires. Ce secteur représentera entre 20 et 25 % du budget global du ministère de la Défense.

Le programme ogives poursuit le maintien de la version Mk4A tout en concevant son successeur, Astraea, avec des investissements stratégiques concentrés à Aldermaston, Burghfield et RNAD Coulport. Ce dernier inclut l’achèvement des installations d’assemblage et de désassemblage des ogives MENSA et la construction d’un « Future Materials Campus ».

Le ministère qualifie cette entreprise de « moteur majeur de la croissance économique », soutenue par une chaîne d’approvisionnement composée de plus de 6 000 entreprises britanniques et par un effectif qui devrait atteindre 65 000 emplois d’ici 2030. Une nouvelle « Submarine Delivery Group » verra le jour cette année, rassemblant l’agence de livraison des sous-marins (Submarine Delivery Agency) avec les équipes chargées des capacités sous-marines de l’organisation nucléaire de Défense.