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La construction du premier sous-marin d’attaque SSN-AUKUS débutera l’année prochaine, conformément au Plan d’Investissement en Défense qui confirme l’engagement de bâtir jusqu’à 12 de ces sous-marins de nouvelle génération pour la Royal Navy.

Le plan indique que le Royaume-Uni « construit jusqu’à 12 sous-marins d’attaque SSN-A à propulsion nucléaire, armés de manière conventionnelle, et la coupe d’acier du premier bateau aura lieu l’année prochaine », ajoutant que « il s’agira de la même classe de sous-marins que ceux que l’Australie construira également dans le cadre d’AUKUS ». Par ailleurs, le document mentionne des investissements dans les systèmes d’armes et les capteurs pour drones sous-marins, qui constituent le projet phare du Pilier 2 d’AUKUS, dédié aux technologies avancées hors construction des sous-marins.

Le SSN-AUKUS succède à la classe Astute : un design basé sur le futur sous-marin d’attaque britannique, adapté pour intégrer les technologies américaines et australiennes dans le cadre du partenariat trilatéral. Les sous-marins britanniques seront construits par BAE Systems à Barrow-in-Furness, avec leurs réacteurs produits par Rolls-Royce à Raynesway, Derby, les mêmes sites responsables de la construction des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) de la classe Dreadnought. L’Australie prévoit de construire ces sous-marins de même classe à Osborne, en Australie-Méridionale, tout en ayant acquis trois sous-marins américains de classe Virginia pour assurer une transition avant le démarrage de sa propre production. Le ministre de la Défense, Lord Coaker, a révélé cette semaine que le cinquième réacteur SSN-AUKUS est déjà en cours de fabrication à Raynesway, où Rolls-Royce a initié un doublement des capacités du site.

Le plan s’accompagne de plusieurs engagements industriels dans le cadre de la Défense Nucléaire, incluant un programme de modernisation de la construction navale pour augmenter les capacités de production, accélérer la fabrication et améliorer la productivité afin de soutenir AUKUS. Sont également prévus :

  • l’extension de la production des cœurs de réacteur à Raynesway destinée aux marines britannique et australienne ;
  • un programme d’infrastructures pluriannuel à la base navale royale de Clyde, préparant la base à accueillir les sous-marins Dreadnought et SSN-A ;
  • la mise en service de trois docks flottants à Faslane, permettant des interventions hors de l’eau sur toutes les classes de sous-marins ;
  • des améliorations des installations à Devonport.

Un programme des combustibles nucléaires, soutenu par un budget de 1,7 milliard de livres, vise à rétablir une filière de combustible nucléaire pour les réacteurs de défense. La Défense Nucléaire investira également plus de 290 millions de livres dans le développement des compétences nucléaires.

Cette étape de découpe d’acier interviendra alors que Barrow est déjà engagé à un rythme de production sans précédent, avec l’achèvement du dernier Astute, la fabrication en cours des quatre sous-marins Dreadnought suite au lancement de la construction du HMS King George VI l’an dernier, et le premier SSN-A qui s’ajoute à cette dynamique. Sur l’ensemble des quatre prochaines années, le plan prévoit un budget de 63 milliards de livres dédié à la dissuasion nucléaire, englobant Dreadnought, SSN-AUKUS et le programme lié aux ogives. Le gouvernement vise un rythme soutenu d’un nouveau sous-marin tous les 18 mois grâce à l’expansion des infrastructures à Barrow et Raynesway, un rythme qualifié de très ambitieux par certains experts, surtout en l’absence d’une augmentation supplémentaire des capacités de production.