Kim Jong Un a supervisé cette semaine les derniers essais d’armes du destroyer nord-coréen Kang Kon, un navire de 5 000 tonnes. Ces tests comprenaient des tirs de missiles de croisière ainsi que des moyens de guerre électronique, a rapporté dimanche l’agence de presse officielle.
Ce navire avait notamment fait parler de lui l’an dernier lorsqu’il avait basculé pendant sa cérémonie de mise à l’eau, avant d’être réparé.
Les essais ont eu lieu vendredi dernier, selon l’agence Korean Central News Agency (KCNA), moins de deux semaines après l’entrée en service d’un autre destroyer de 5 000 tonnes, le Choe Hyon.
Lors de la cérémonie de mise en service de ce dernier, Kim Jong Un avait promis d’armer la marine nord-coréenne de missiles nucléaires et de développer de nouveaux navires de guerre d’une capacité de 10 000 tonnes.
Après les essais du Kang Kon vendredi, Kim a ordonné « de finaliser le processus d’essais du destroyer de manière responsable et de le mettre en service pour la Marine dans un délai de deux mois », précise KCNA.
Une photo diffusée par l’agence montre le dirigeant, coiffé d’un chapeau jaune, observant un test d’armes depuis un point d’observation côtier, entouré de hauts responsables.
Une autre image présente le Kang Kon lançant un missile en mer, avec une épaisse colonne de fumée s’élevant du point de tir.
Renforcer la capacité de dissuasion militaire
Le dirigeant nord-coréen a réaffirmé la nécessité de renforcer la « dissuasion militaire » du pays tout en soulignant sa volonté de démontrer « la puissance absolue » de la Corée du Nord, selon KCNA.
Le Kang Kon avait connu un revers en mai dernier lors de sa mise à l’eau, en partielle submersion après avoir chaviré, au grand dam de Kim, qui avait dénoncé une « négligence absolue » et une « irresponsabilité », ordonnant que les responsables soient rendus comptables.
Ambitions navales et calendrier politique
Pour certains analystes, l’ordre donné par Kim de mettre en service le destroyer dans un délai de deux mois serait lié à une échéance politique importante.
Hong Min, chercheur au Korea Institute for National Unification à Séoul, évoque « la probabilité que la mise en service coïncide avec le 78e anniversaire de la fondation de la Corée du Nord le 9 septembre ».
Selon lui, une fois déployé, le navire devrait opérer principalement au large de la côte est de la péninsule coréenne.
« Pour l’instant, l’objectif sera probablement d’acquérir des compétences pour des opérations côtières dans un contexte à faible menace », ajoute-t-il.
Pyongyang a réitéré à plusieurs reprises son statut de puissance nucléaire « irréversible » depuis l’échec du sommet de 2019 à Hanoï entre Kim Jong Un et Donald Trump, notamment sur les questions de dénucléarisation et d’allègement des sanctions.
La Corée du Nord reste en état de guerre technique avec la Corée du Sud, le conflit de 1950-1953 s’étant arrêté sur un armistice et non sur un traité de paix.
À noter que la marine sud-coréenne exploite plus d’une dizaine de bâtiments de plus de 5 000 tonnes, contre seulement deux pour la Corée du Nord.
