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Le ministère de la Défense britannique a expliqué les motivations derrière l’abandon du programme de destroyers Type 83. Selon une analyse classifiée tenant compte des enseignements tirés des conflits actuels, une flotte mixte combinant navires équipés d’équipage et plateformes sans équipage permettra une plus grande capacité de missile et une meilleure masse de feu, là où un navire unique, coûteux et sophistiqué, aurait limité la Royal Navy à un nombre trop restreint d’unités pour remplir ses missions.

Cette justification a été présentée dans une réponse écrite au Parlement, le 10 juillet, par Luke Pollard, ministre en charge de la préparation à la défense et de l’industrie, à l’adresse d’Andrew Bowie, député conservateur de West Aberdeenshire et Kincardine. Ce dernier questionnait l’impact de l’annulation d’une classe prévue pouvant compter jusqu’à huit destroyers Type 83 destinés à remplacer les Type 45, ainsi que l’analyse ayant conduit à opter pour une approche hybride de la flotte.

« La décision d’adopter cette approche hybride a été prise après une analyse approfondie des menaces actuelles et futures, incluant les enseignements des conflits en cours », a indiqué Luke Pollard. « Cette analyse reste nécessairement confidentielle, mais ce mix de systèmes habités et autonomes engendrera une force plus flexible, dotée d’une capacité de missiles accrue tout en améliorant la masse de feu. L’alternative – une plateforme coûteuse et sophistiquée telle que le Type 83 – aurait conduit à un nombre insuffisant de navires pour couvrir l’ensemble des missions de la Royal Navy, augmentant ainsi les risques. »

Le rôle de défense aérienne maritime actuellement assuré par les Type 45 sera désormais confié à « un mélange de Common Combat Vessels habités et de navires autonomes de missiles (Type 91) et de capteurs (Type 94) », a précisé le ministre.

Les huit navires évoqués dans la question d’Andrew Bowie, qui auraient dépassé le nombre de six destroyers Type 45 à remplacer, font débat principalement pour des raisons d’affordabilité et de quantité, plutôt que de capacité. Selon le ministère, le coût d’un destroyer habité haut de gamme aurait limité la flotte en deçà des besoins opérationnels de la Royal Navy. À l’inverse, la combinaison hybride de six Common Combat Vessels avec des plateformes de missiles Type 91 et capteurs Type 94 offre une meilleure capacité missile et masse de feu pour un budget équivalent. Par ailleurs, ces escortes sans équipage ne se limiteront pas au groupe de défense aérienne : chaque frégate Type 26 (huit unités prévues) et Type 31 (cinq unités prévues) devrait être accompagnée de plusieurs drones d’escorte, formant ainsi la colonne vertébrale de l’ensemble de la flotte de surface, au-delà du seul groupe Common Combat Vessels.

Le ministère a également précisé, dans des réponses parallèles au Parlement le même jour, que le Type 83 n’en était qu’au stade du concept préliminaire, sans décision relative à son lieu ou mode de construction. La planification détaillée de la transition entre les Type 45 et la capacité hybride de défense aérienne maritime déterminera si une prolongation de la durée de vie des destroyers actuels sera mise en œuvre – une décision finale étant attendue entre 2027 et 2028.

Les réponses ne précisent pas combien de plateformes Type 91 et Type 94 accompagneront les six Common Combat Vessels dans la mission de défense aérienne, ni comment la capacité combinée en missiles de cette force hybride se compare à celle des huit destroyers Type 83 initialement envisagés. Elles ne dévoilent pas non plus les conclusions de l’analyse classifiée concernant la survie des plateformes sans équipage face aux menaces que les destroyers devaient affronter.