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Le ministère britannique de la Défense envisage la possibilité de prolonger la durée de vie des destroyers de type 45 de la Royal Navy. Une décision finale, qui dépendra d’une planification détaillée de la transition, n’est pas attendue avant 2027-2028.

Cette position a été exprimée dans une réponse écrite au Parlement du ministre de la Préparation à la Défense et de l’Industrie, Luke Pollard, le 10 juillet. Il répondait ainsi à Andrew Bowie, député conservateur de West Aberdeenshire et Kincardine, qui l’interrogeait sur une éventuelle évaluation des risques pesant sur la capacité de défense aérienne maritime alors que les Type 45 approchent de la retraite sans successeur immédiat.

« Le rôle de la défense aérienne maritime, actuellement assuré par les destroyers Type 45, sera à l’avenir assuré par un mix de navires communs de combat habités et de plates-formes missiles et capteurs autonomes non habitées (Type 91 pour les missiles et Type 94 pour les capteurs), » a expliqué Luke Pollard. « La décision d’adopter cette approche hybride résulte d’une analyse approfondie des menaces présentes et futures, y compris des enseignements tirés des conflits en cours. Cette analyse spécifique est classifiée, mais la combinaison de systèmes habités et non habités permettra de disposer d’une force plus flexible, avec une capacité missile accrue tout en améliorant la masse. » Il a ajouté : « La planification détaillée de la transition entre les Type 45 et la capacité hybride de défense aérienne maritime sera conduite en concertation avec l’industrie, ce qui déterminera si une extension de la durée de vie des Type 45 est mise en œuvre. Une décision finale n’est pas attendue avant 2027-28. »

Cette formulation marque un net changement par rapport à la position affichée lors de la publication du Plan d’Investissement de la Défense, où un haut responsable avait indiqué que les six destroyers seraient retirés du service à partir de 2035 sans prolongation, la mise en service des navires communs de combat étant calée sur ces dates de fin de carrière. La réponse actuelle ouvre donc la possibilité d’une extension, qui devra être tranchée lors de la planification de la transition avec l’industrie. Cette approche reconnaît implicitement le risque souligné par la question de Bowie : les Type 45 débuteront leur retrait au milieu des années 2030, qu’importe l’état d’avancement de leurs successeurs, et la continuité entre les deux générations de flottes constituera un enjeu majeur de cette planification.

Un prototype de plate-forme missile non habitée Type 91 est prévu en service d’ici 2030, sans date de mise en service définitive pour la série. Le navire commun de combat en est lui encore à ses premières phases de conception, avec plusieurs options de coque à l’étude.

La réponse du ministère justifie également l’abandon du destroyer Type 83, initialement pensé comme successeur des Type 45. « L’alternative, une plateforme coûteuse et très sophistiquée comme le Type 83, aurait abouti à un nombre trop réduit de navires pour couvrir toutes les missions de la Royal Navy, augmentant ainsi les risques, » a souligné Luke Pollard. Cet argument fait écho aux propos du général Sir Richard Barrons, auteur de la Revue stratégique de la Défense, entendu récemment par la Commission de la Défense. Celui-ci avait décrit le Type 45 comme probablement le dernier de sa lignée, défendant le recentrage des ressources vers des systèmes offrant de la masse plutôt que l’excellence individuelle. Le ministère a d’ailleurs précisé que le Type 83 demeure un concept à un stade très précoce, sans aucune décision de construction prise.

Les Type 45 sont par ailleurs en plein programme d’améliorations importantes, notamment avec le projet Sea Viper Evolution qui renforce leurs capacités face aux missiles balistiques, tandis que les six navires bénéficient de corrections sur leurs systèmes de propulsion et d’alimentation électrique. Ces investissements gagneraient en valeur s’ils étaient pérennisés dans le cadre d’une prolongation. La réponse gouvernementale ne détaille cependant pas les modalités d’une éventuelle extension, ni le nombre de bâtiments concernés ou les conditions qui la déclencheraient. Ces aspects sont désormais intégrés dans la planification de la transition qui conduira à la décision finale à l’horizon 2027-28.