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Le parlement bulgare a approuvé mercredi le déploiement temporaire d’avions ravitailleurs américains sur sa base militaire de Bezmer, malgré l’avertissement de l’Iran estimant que cette mesure équivaudrait à une complicité dans des « actes d’agression et des crimes de guerre », accusation rejetée fermement par Sofia.

« Aucun système d’armes offensives ne sera déployé sur le territoire bulgare », a déclaré le ministre de la Défense, Dimitar Stoyanov, devant les députés. « Leur présence temporaire ne fait pas de la Bulgarie un acteur des opérations militaires », a-t-il ajouté.

Selon Dimitar Stoyanov, Washington s’est engagé à « minimiser les risques pour la sécurité nationale bulgare ». Cinq maires des communes proches de la base de Bezmer, située à environ 260 km au sud-est de Sofia, ont formellement exprimé leur opposition au projet, invoquant des préoccupations sécuritaires.

La proposition gouvernementale autorisant le stationnement jusqu’à huit avions KC-135 sur le sol d’un pays membre de l’Union européenne et de l’OTAN a été adoptée par 136 voix pour, 13 contre et 2 abstentions.

Cette décision fait suite à une polémique survenue en début d’année, lorsque ces appareils étaient temporairement stationnés dans un aéroport civil près de Sofia sans l’accord préalable du parlement. Les avions avaient quitté la Bulgarie le mois dernier.

« Le problème résidait dans le fait que les avions militaires étaient basés sur un aéroport civil très proche de la capitale. Nous avons donc proposé à nos alliés d’utiliser des aérodromes militaires », a expliqué Dimitar Stoyanov.

La semaine dernière, Washington a sollicité l’autorisation de déployer ces aéronefs ainsi que jusqu’à 250 militaires sur la période du 24 juillet au 1er octobre, en s’appuyant sur un accord bilatéral régissant l’usage conjoint des infrastructures militaires, selon les précisions du ministre bulgare.

« La Bulgarie n’engage aucune action hostile envers un pays tiers. Nous respectons nos engagements contractuels avec les États-Unis », a-t-il souligné.

Cette initiative a suscité une mise en garde de la part du porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, mardi. Ce dernier a condamné la possibilité pour Washington d’utiliser le territoire bulgare à des fins militaires contre l’Iran, ce qui, selon lui, ferait de Sofia un « complice d’agresseurs et de contrevenants au droit international ».

Les tensions se sont amplifiées entre les États-Unis et l’Iran depuis la rupture, il y a un mois, d’un cessez-le-feu provisoire, ce qui augmente les risques d’un conflit total.

Le commandement américain en Europe (EUCOM) a affirmé mercredi dans un communiqué qu’il continuerait de coopérer étroitement avec la Bulgarie pour la sécurité, la surveillance et la lutte contre toute menace potentielle.