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Le Royaume-Uni a exclu les fournisseurs chinois d’un appel d’offres du ministère de la Défense estimé à 2 milliards de livres sterling, destiné à remplacer les flottes de Land Rover et Pinzgauer des forces armées. Cette décision s’appuie sur les pouvoirs conférés par la loi sur les marchés publics de 2023, comme indiqué dans un avis officiel de consultation.

Publié le 31 juillet, cet avis concerne le programme Light Mobility Vehicle et précise les critères de sélection qui permettront de réduire le nombre de candidats à sept au maximum, invités à soumettre une offre. Dans ce cadre, le ministère précise : « Conformément à la loi sur les marchés publics de 2023, l’Autorité exerce ses droits selon l’article 19 (3)b pour exclure les fournisseurs chinois de ce marché. Pour plus de détails, se référer aux questions techniques et conditions de participation. »

L’article 19 de la loi encadre la manière dont les offres sont évaluées lors d’une procédure concurrentielle. Le paragraphe 3(b) permet à l’autorité contractante d’écarter toute offre provenant d’un fournisseur qui « n’est pas un fournisseur du Royaume-Uni ou d’un État ayant un traité avec le Royaume-Uni », ou qui envisage de sous-traiter tout ou partie du contrat à un tel fournisseur. Ces États signataires sont ceux avec lesquels le Royaume-Uni entretient des engagements en matière d’approvisionnement, principalement les parties à l’Accord sur les marchés publics de l’Organisation mondiale du commerce. La Chine n’a jamais adhéré à cet accord, malgré une demande d’adhésion en 2007 et des négociations toujours en cours.

Cette mesure relève donc d’un mécanisme d’accès au marché et non des motifs d’exclusion liés à la sécurité nationale, qui sont traités séparément dans la loi via un régime spécifique d’exclusion des fournisseurs et une liste centrale de sanctions.

La valeur totale estimée du marché s’élève à 2 milliards de livres hors TVA (soit 2,5 milliards toutes taxes comprises). Le contrat s’étend de mai 2027 à mai 2036, avec des options pouvant le prolonger jusqu’en 2047. Le volume initial prévu comprend plus de 9 500 véhicules, avec des possibilités d’extension.

Le cahier des charges repose sur une plateforme de base commune unique, destinée à soutenir neuf variantes comme le véhicule polyvalent, l’ambulance de combat, le véhicule tactique de mobilité, le véhicule à protection renforcée, le véhicule de commandement et contrôle, ainsi que le transport de troupes. Défense Équipement et Soutien a refusé de fragmenter la consultation en lots, expliquant qu’une approche en lots risquerait de donner un parc hétérogène regroupant plusieurs plateformes issues de différents fournisseurs.

Parmi les risques identifiés qui pourraient mener à une modification du contrat figurent « l’obsolescence, l’indisponibilité ou les restrictions à l’exportation affectant des composants, sous-systèmes, logiciels ou matériaux nécessitant des solutions de remplacement », ainsi que de nouvelles exigences d’interopérabilité liées à l’intégration avec les systèmes britanniques, de l’OTAN ou alliés.

La loi sur les marchés publics de 2023 a consolidé et remplacé l’ancien régime, introduisant notamment une procédure compétitive flexible, des motifs d’exclusion pour raisons de sécurité nationale et une liste centrale de déchéance publique. Les marchés liés à la défense et à la sécurité bénéficient d’un régime particulier au sein de cette législation.

Cette restriction à l’encontre des fournisseurs chinois n’est pas la première limitation basée sur la nationalité dans ce programme. Lors d’une journée d’information organisée en janvier 2026 à la garnison de Warminster, un avis précisait que, pour des raisons de sécurité nationale, les participants ressortissants ou titulaires de passeports de certains pays listés se verraient refuser l’accès.

La vigilance sur l’implication chinoise dans les infrastructures et chaînes d’approvisionnement britanniques s’est renforcée récemment. Le gouvernement a exigé la suppression des équipements Huawei des réseaux 5G d’ici fin 2027 et, en 2022, a ordonné aux ministères de ne plus installer de matériel de surveillance provenant d’entreprises soumises à la loi chinoise sur le renseignement national sur des sites sensibles. Au Parlement, des inquiétudes ont également été exprimées concernant la présence de composants fabriqués en Chine, comme des modules cellulaires, dans les chaînes d’approvisionnement de véhicules et d’équipements.

Le programme Light Mobility Vehicle est le premier des trois sous-programmes de catégorie A intégrés dans le plus large Land Mobility Programme. Il était auparavant connu sous le nom de General Support Utility Platform. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 1er septembre 2026, avec une décision finale d’attribution prévue autour du 31 mai 2027. Les soumissionnaires retenus participeront à des essais de véhicules au Royaume-Uni, ceux qui échoueraient aux tests étant éliminés immédiatement.

Les flottes actuelles de Land Rover Wolf et Pinzgauer, qui seront remplacées, ont une date de mise hors service fixée à 2030, celle-ci ayant déjà été repoussée au-delà de la durée de vie initiale de 15 ans. L’armée a débuté la retraite progressive du Land Rover lors d’une cérémonie au camp de Bovington en mars 2026, après plus de 70 ans de service.