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Les Marines américains ont réalisé leurs premiers tirs réels avec de nouveaux drones d’attaque en immersion (FPV), offrant aux unités d’infanterie la capacité de frapper des positions ennemies à plusieurs kilomètres de distance.

Le 30 juillet, des Marines du 3e Bataillon de Reconnaissance Légère Blindée ont effectué un test, tandis que le 5 août, des Marines du 3e Bataillon, 7e Régiment Marine, ont mené un tir réel à seulement quelques kilomètres au sud de la zone démilitarisée (DMZ) en Corée du Sud. Lors des deux exercices, les Marines ont utilisé les drones Archer de Nero, un modèle léger de quadcoptère conçu pour s’écraser directement sur des cibles afin de les neutraliser.

Ces drones Archer ont déjà été testés en entraînement sur le sol américain, mais ces récents tirs sur la péninsule coréenne démontrent l’intégration de cette technologie au sein d’unités déployées en avant.

Dans un communiqué soulignant le succès de ces tirs, le Corps des Marines a insisté sur la manière dont ces drones étendent les capacités des petites unités d’infanterie. Ces petits drones permettent aux escouades de frapper une cible éloignée à l’aide d’un engin volant explosif. Leur fonction principale est d’aider les Marines à neutraliser à la fois des combattants ennemis et des véhicules blindés. Comme les autres drones FPV, l’Archer transmet une vidéo en direct à son opérateur, qui pilote le drone en portant des lunettes de visualisation immersive.

« Équiper nos Marines avec des drones d’attaque FPV nous offre un outil précieux, apportant une option cinétique supplémentaire », a déclaré le lieutenant Evan Brace, officier exécutif d’une compagnie du 3e Bataillon de Reconnaissance Légère Blindée. « Cette capacité permet aux unités jusqu’au niveau de l’équipe de tir de disposer de moyens de frappe organiques et précis pour façonner leur espace de bataille. »

À l’instar des autres forces armées, le Corps des Marines s’adapte rapidement à l’usage des drones sur le champ de bataille, que ce soit pour leur déploiement ou pour leur défense. Le mois dernier, il a notamment annoncé la création de deux nouvelles unités spécialisées dans la guerre électronique et le combat par drones, afin de préparer les Marines aux enjeux liés à ces systèmes avant leurs déploiements.

Ces essais réussis en Corée interviennent aussi dans un contexte où les Marines renforcent leurs capacités offensives dans la région Indo-Pacifique. Leur stratégie dans ce théâtre s’appuie sur une campagne de « saut d’île » (island-hopping) où ils devront affronter des ennemis au sol ainsi que des navires adverses en mer proche. Cet été, le Corps des Marines a déployé à Okinawa deux plateformes d’armes importantes : le NMESIS (Navy-Marine Expeditionary Ship Interdiction Systems) et le MADIS (Marine Air Defense Integrated Systems), destinés à intercepter respectivement navires et aéronefs ennemis. En complément, les drones FPV sont utilisés pour éliminer des positions ennemies terrestres plus petites.

Enfin, cette récente phase de tests s’inscrit dans une dynamique plus large d’amélioration des capacités sur la péninsule coréenne. À l’automne dernier, l’US Air Force a monté une unité de reconnaissance et de surveillance par drones et constitué un « super escadron » à la base aérienne d’Osan, y déployant près de trois douzaines de chasseurs F-16.