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Les plongeurs ont localisé l’épave du HMS Tiger, un navire de guerre de la Royal Navy perdu au large de l’île de Wight en 1908, coupé en deux lors d’un exercice d’entraînement. Le navire va bénéficier d’une protection juridique renforcée dans le cadre des modifications de la législation relative aux épaves navales actuellement examinées au Parlement, a déclaré le ministère britannique de la Défense.

Cette découverte a été annoncée par ProjectXplore, une équipe de plongeurs et d’historiens qui a consacré cinq ans à étudier les archives pour affiner la localisation de l’épave. Ce même groupe avait retrouvé l’année dernière celle du croiseur HMS Nottingham en mer du Nord. Le HMS Tiger avait jusqu’à présent échappé aux recherches depuis sa perte il y a 118 ans, lorsqu’il s’est retrouvé sur la trajectoire d’un autre bâtiment de guerre et a été tranché en deux. Moins de la moitié de ses 57 membres d’équipage ont survécu.

L’annonce coïncide avec des propositions gouvernementales visant à modifier la Protection of Military Remains Act 1986, via le projet de loi Armed Forces Bill. Ces changements appliqueront automatiquement le statut de « lieu protégé » aux épaves militaires dès leur découverte, rendant illégal tout dérangement ou enlèvement d’objets sans autorisation, tout en permettant aux plongeurs de visiter les sites sur le principe du « voir sans toucher ».

Louise Sandher-Jones, ministre des Forces armées, a affirmé : « La Défense a un rôle essentiel à jouer dans la préservation de notre patrimoine maritime et la mémoire de ceux qui ont donné leur vie ». Elle a souligné que ces protections visent à sauvegarder dès le premier jour les monuments vulnérables et d’importance nationale. Selon elle, le projet de loi Armed Forces Bill est vaste, englobant aussi bien le patrimoine culturel que l’amélioration des logements des forces armées.

Le ministère souligne que la loi actuelle comporte d’importantes lacunes. Plus de 129 sites ont été désignés en quarante ans, soit en tant que lieux protégés que les plongeurs peuvent visiter, soit comme sites contrôlés nécessitant une licence du ministère de la Défense pour toute plongée. Toutefois, la législation n’inclut pas les épaves datant de plus de 200 ans, ne protège pas immédiatement les découvertes récentes, et ne permet la désignation de « lieux protégés » qu’aux navires perdus après le 4 août 1914. Des navires comme le Tiger échappent donc à cette protection, se retrouvant sans défense pendant des années ou contraints dans la catégorie plus stricte des sites contrôlés faute d’autre option.

Étendre la loi au-delà de cette limite de 200 ans permettrait d’inclure des bateaux datant aussi loin que l’Armada, y compris des navires ennemis ainsi que des navires marchands coulés tout en servant sous ordre de l’Amirauté.

Leo Fielding et Dan McMullen, coorganisateurs de ProjectXplore, ont qualifié la documentation de l’épave de « privilège unique dans une vie », exprimant l’espoir que le navire et la mémoire des personnes liées à son histoire perdurent. Ils ont salué les amendements proposés comme une avancée constructive pour la protection du patrimoine maritime britannique.

Le Lieutenant-commandant Jen Smith, chargée adjointe des épaves de la Royal Navy, a souligné que protéger les épaves militaires profite à la fois au patrimoine maritime et à la communauté des plongeurs, rappelant que ces derniers peuvent toujours visiter les sites mais en respectant les règles. Elle les exhorte simplement à « profiter de la visite, apprendre et rendre hommage sur ces sites exceptionnels » sans les perturber.

Au-delà des épaves, le projet de loi Armed Forces prévoit aussi des améliorations des logements des personnels et l’élargissement de la Réserve stratégique britannique, un vivier de vétérans rappelables, ce qui permettrait à la Défense de mobiliser les compétences des anciens militaires en cas de crise.

Les eaux autour de l’île de Wight et les approches du Solent figurent parmi les zones les plus riches en épaves des eaux britanniques, abritant des pertes datant de la période Tudor, dont le célèbre Mary Rose renfloué en 1982, ainsi que de nombreux navires coulés lors des deux guerres mondiales. La Protection of Military Remains Act a historiquement couvert des sites emblématiques comme le HMS Hood et les navires coulés à Scapa Flow, où ces désignations visent à empêcher tout pillage ou recherche de souvenirs sur des lieux légalement reconnus comme sépultures militaires.

Épave d’un navire de guerre coupé en deux découverte au large de l’île de Wight