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Le ministère de la Défense recherche un système capable de récupérer des véhicules sous-marins autonomes (AUV) en panne en mer, pouvant soulever un appareil mesurant jusqu’à sept mètres de long et pesant trois tonnes, selon un avis de marché publié récemment.

Daté du 18 août 2026, cet avis mentionne une période contractuelle estimée du 1er février 2027 au 1er février 2029, avec un appel d’offres prévu pour le 31 octobre 2026. La livraison pourrait intervenir dès l’exercice budgétaire 2026/27, sous réserve de financement, d’approbations et des délais industriels.

Cette nécessité découle de la nature improvisée des procédures actuelles. Le système recherché vise « à offrir au ministère de la Défense une méthode plus sûre, plus contrôlée et à moindre risque pour la récupération des AUV lors d’opérations de secours non standard ou d’urgence ». Il devra pouvoir fonctionner de façon autonome ou en complément du treuil existant à bord, tout en étant compatible avec une large gamme de navires aux configurations diverses de ponts, franc-bords et grues.

Dans une perspective de sécurité, le ministère précise que le système doit « réduire la dépendance aux méthodes de récupération improvisées et renforcer la résilience opérationnelle lorsque le système principal de récupération est indisponible ou inadapté. Le dispositif doit diminuer l’exposition du personnel au bord du navire, atténuer les risques de chute par-dessus bord et limiter les dommages potentiels portés à l’AUV ou au navire hôte ».

Le cahier des charges met en avant l’intérêt pour des solutions « simples à installer, transportables, capables d’opérer dans des conditions maritimes difficiles et adaptées à des scénarios d’urgence où l’AUV peut avoir subi une panne de propulsion, de communication, de navigation ou d’alimentation ».

La récupération d’un submersible autonome en milieu maritime agité constitue l’une des opérations les plus complexes. Un véhicule dépourvu de propulsion ne peut pas s’approcher du navire, un AUV sans communication ne peut pas être commandé pour remonter à un endroit précis. Par ailleurs, un objet de trois tonnes évoluant indépendamment du navire dans la houle représente un risque tant pour lui-même que pour le personnel chargé de sa récupération. Jusqu’à présent, les équipages ont dû improviser à l’aide de perches, de cordages ou de grappins, des pratiques que le ministère souhaite désormais remplacer par une solution dédiée et sécurisée.

Le système devra être conçu pour un usage répétitif en environnement maritime, livré avec une certification, un manuel d’utilisation, des instructions de maintenance ainsi que des exigences d’inspection. Le ministère exprime également son intérêt pour les services associés, notamment la maintenance, le support, la formation et les délais moyens de livraison après commande.

L’avis est référencé sous les codes du vocabulaire commun de passation des marchés publics relatifs aux véhicules sous-marins autonomes et aux équipements marins. Le projet est particulièrement destiné aux petites et moyennes entreprises ainsi qu’aux organisations sociales et communautaires. Aucun événement de présentation des fournisseurs n’est prévu, et les manifestations d’intérêt doivent être envoyées par courriel avant le 18 septembre.

Les dimensions requises correspondent à la taille maximale des AUV actuellement déployés par la Royal Navy. La marine britannique développe ses capacités dans ce domaine via notamment des systèmes autonomes de lutte contre les mines et des expérimentations avec des submersibles extra-larges, comme le Cetus conçu par MSubs à Plymouth. La Revue stratégique de la défense de 2025 prévoit d’associer des sous-marins habités à ces véhicules autonomes pour assurer la surveillance de l’Atlantique Nord et la protection des infrastructures sous-marines.

Le ministère précise enfin que la publication de cet avis ne constitue pas un engagement ferme à procéder à un achat.