Au cours des trois premiers mois d’un nouvel accord entre le Royaume-Uni et la France, les autorités françaises ont empêché 185 départs en petites embarcations et plus de 4 300 tentatives de traversée de la Manche, selon les chiffres communiqués par les autorités françaises et relayés par le ministère britannique de l’Intérieur.
Ces données couvrent la période du 27 avril au 2 août et montrent que les unités françaises financées dans le cadre de cet accord ont stoppé 61 % des événements liés aux petites embarcations sur cette période. Les actions menées comportent la prévention des départs, la saisie de bateaux, moteurs et gilets de sauvetage, ainsi que l’arrestation de passeurs présumés. Le taux de prévention est supérieur de près de 5 % par rapport à la même période de 2025.
Quatre semaines durant cette période ont vu chaque tentative identifiée de traversée stoppée. Par ailleurs, des tentatives auraient aussi été perturbées avant même que les migrants n’atteignent les plages. Le renforcement des moyens comprend l’intervention directe sur les plages et la lutte contre les « taxis boats » qui récupèrent des passagers le long des côtes après avoir été lancés ailleurs.
Depuis le début des nouvelles tactiques maritimes début mars, 12 taxis boats ont été interceptés par les unités françaises, dont trois dans les deux semaines précédant l’annonce. Parmi les opérations notables, en mai, une intervention au sud de Calais a permis de saisir un bateau dissimulé, des groupes de migrants, des jerricans d’essence et un moteur. D’autres opérations ont conduit à l’arrestation de passeurs et à la saisie d’embarcations et de carburants entre mai et juillet, avec notamment le repérage d’un groupe grâce à un drone de la Gendarmerie.
Le ministère de l’Intérieur britannique souligne que plus de 47 000 tentatives de traversée en petites embarcations ont été empêchées depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement actuel.
En complément, un déploiement accru de forces françaises est en place, avec notamment une nouvelle unité de police anti-émeute de 50 personnes chargée de contenir et disperser les grands groupes, ainsi que l’introduction d’un système de surveillance par drones, deux hélicoptères supplémentaires et un nouveau système de caméras. Un dispositif expérimental lancé début mai permet par ailleurs aux autorités françaises de placer en détention des personnes sur les plages, avec 119 personnes détenues dont 40 ont été expulsées vers leur pays d’origine ou d’autres États européens.
Un centre permanent d’expulsion est en construction à Dunkerque pour renforcer ces mesures.
Les responsables britanniques et français insistent sur la solidité de leur partenariat et affirment vouloir poursuivre la pression sur les réseaux de passeurs afin d’empêcher ces traversées illégales et dangereuses, saisir leurs équipements et briser leur modèle économique.
